Côte d’Ivoire – RDC (1-0) : entre leçons et défis

Par Muko
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Battue par l’hôte ivoirien (1-0), la RDC s’arrête en demi-finale de la CAN 2023. L’aventure s’arrête là pour les Léopards, qui tenteront de décrocher la troisième place face à l’Afrique du Sud, samedi. 

Une défaite à l’expérience

Les Léopards n’auront pas su répondre au défi physique présenté par les Éléphants.

On doit être honnêtes : au vu de la physionomie du match, cette défaite est logique. Et la volonté mise par chacun des joueurs n’est pas en cause. Les Léopards sont tombés sur plus forts, et n’ont pas pu répondre à l’impact physique déployé par les Ivoiriens. La RDC n’a véritablement été dangereuse que lors des 30 premières minutes, sans parvenir à concrétiser un temps fort.

Afin d’exploiter une des principales faiblesses des Ivoiriens : les espaces souvent laissés entre le milieu de terrain et la défense, Sébastien Desabre prenait le risque de titulariser Gaël Kakuta, absent des deux derniers rendez-vous pour blessure. Avec une passe clé et une occasion crée sur les 45 premières minutes, le joueur d’Amiens a fait de son mieux. Mais trop juste physiquement, il doit céder sa place à Théo Bongonda à la pause. L’ailier du Spartak, qui n’est pas numéro 10 de métier, jouera avec ses qualités. Mais sa vista et sa vitesse d’exécution ne sont pas les mêmes qu’un Kakuta dont la sortie aura donc marqué un tournant.

Auteur de quelques coachings gagnants durant cette CAN, Sébastien Desabre tente un coup de poker en faisant entrer Simon Banza et Fiston Mayele, et d’aligner les Léopards en 4-4-2. Mais rien n’y fait : le score ne bougera plus. Malheureusement, les problèmes dans la dernière passe observés depuis le début de la CAN se retrouvent au cours de la rencontre.

En plus du mental exemplaire dont ont fait preuve les Éléphants pour gagner, le calme et l’expérience de certains cadres (Gradel et Kessié notamment) ont fait la différence. La ferveur du public d’Abidjan a joué son rôle, et donné un second souffle aux Ivoiriens qui apparaissaient plus frais que les Léopards, malgré 30 minutes en plus dans les jambes que leurs adversaires (deux prolongations disputées contre une).

Les joueurs ont fait le job, le système doit faire le sien !

Elia Meschack (ici au duel avec Seko Fofana) aura réussi une belle CAN.

En atteignant les demi-finales de la CAN, les Léopards et leur staff technique ont accompli plusieurs réussites. Rendre fiers les Congolais du pays et de la diaspora, ou encore unir la nation dans son soutien à l’équipe. Mais aussi en donnant un nouvel élan à la visibilité sur les souffrances des populations à l’Est du pays. Sur le terrain, la volonté des joueurs Congolais dits « binationaux », majoritaires dans l’effectif (18 sur 23) ne devrait d’ailleurs plus faire l’objet d’aucun débat. Et la rigueur démontrée au cours de cette CAN pourrait rassurer d’autres Congolais ayant grandi à l’étranger qui hésiteraient à rejoindre la tanière.

Sans infrastructures qualifiées, sans centre de formation de renom, et avec un championnat en chute libre depuis des années, la RDC est arrivée en demi-finale de la CAN. À la seule force de la volonté des joueurs et du cadre instauré par le staff technique. Imaginez maintenant si les instances du football congolais décident désormais d’y ajouter de la volonté et des moyens ?

Avec les 2,5 millions de dollars alloués par la CAF suite à la performance des Léopards, les moyens ne seront en tout cas pas une excuse. La Fédération doit absolument surfer sur le succès de cette CAN pour entamer un véritable processus de développement, et ne pas reproduire les erreurs passées. Des infrastructures sportives à une formation structurée des nombreux talents que comptent le pays, les défis sont multiples. Mais il faudra y répondre. Par respect pour le travail du staff et des joueurs et surtout, par respect pour le Congo.

La balle est dans notre camp !

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