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Peter Ouaneh : je suis un enfant du pays !

Par Muko
1,6K Vues

De son propre aveu, Peter Ouaneh n’évoquait pas grand-chose au grand public Congolais après la parution de la pré-liste de Sébastien Desabre en mars dernier.

Né à Kinshasa, où il a grandi jusqu’à ses 10 ans, celui qui a été nommé dans l’équipe-type de National, et terminé vice-capitaine de Châteauroux a réussi ses débuts avec Laval (Ligue 2 Française) qu’il a rejoint au cours du mercato. La parfaite occasion pour se présenter comme il se doit.

Entretien avec le « gamin de Ngaba ».

(Photo : Brest Maville)

Peter, comment vas-tu ? Et comment se passe ton adaptation à Laval ?

Peter Ouaneh a rejoint Laval lors du mercato.
Photo : Oxygène Radio

Bonjour, je me porte bien et j’espère que vous aussi. Mon adaptation se passe très bien, j’ai été accueilli par tout le monde et mis à l’aise. On est allés en stage rapidement, ce qui a facilité mon intégration au groupe.

Tu as signé cet été à Laval en provenance de Châteauroux, où tu étais vice-capitaine. Peux-tu nous retracer ton parcours professionnel ?

J’ai eu un parcours pas très linéaire, semé d’embûches !

Je suis arrivé de Kin en 2008 avec mes frères et mon père pour rejoindre ma mère qui était déjà en France, à Rennes, depuis 2002. J’ai donc commencé à jouer au foot en 2009 en club, et j’ai fait toutes mes gammes avec le CPB Brequigny. J’ai ensuite fait ma préformation au Stade Rennais pendant 2 ans, et j’y ai connu mon premier échec : je n’ai pas été conservé par le club, et je suis retourné à Brequigny. Ça s’est avéré être le bon choix car après une seule saison en amateur je suis repéré par Lorient et j’y vais en U17. Je fais mes gammes, et on finit champions de France en 2015. Je signe mon premier contrat pro chez les Merlus.

À Lorient, je suis plusieurs fois dans le groupe pro et je joue une fois (en Coupe de la Ligue, ndlr) mais il me manque des paliers pour percer en équipe pro. Je suis donc prêté au Puy ou j’ai engrangé du temps de jeu malgré le COVID, qui a causé l’arrêt prématuré de la saison. Au retour, Lorient me fait comprendre qu’ils ne comptent pas sur moi. Je pars donc à Concarneau en 2020 ou je fais l’une de mes meilleures saisons (et finit dans l’équipe type du championnat ndlr) qui a attisé l’intérêt de clubs à l’échelon supérieur. Mais avec le COVID, aucun club ne pouvait bouger, hormis Châteauroux, avec qui j’ai signé. J’ai donc pu y faire mon trou et monter en puissance jusqu’à mon départ. En effet, j’ai été vice-capitaine du club car j’ai ce sens du leadership depuis mes échecs qui m’ont forgé. D’où l’importance de toujours savoir se relever.

Tu étais également suivi par d’autres clubs, dont le RC Lens. Pourquoi avoir choisi Laval ?

Je me suis retrouvé libre de Châteauroux cet été, à mon grand étonnement d’ailleurs. Ça a commencé à bouger un peu de partout, et j’étais en stand by pour savoir comment ça se passait au niveau de la DNCG pour le club. Concernant le RC Lens, il n’y a jamais eu rien de concret du côté de mon agent et moi. Mais dès l’instant où j’apprends que je suis libre, mon agent a relancé des dossiers de club intéressés auparavant. Laval s’est montré très réactif, et une fois que le coach m’a présenté son plan de jeu, j’étais convaincu. La ferveur du public m’a aussi aidé. Enfin, Laval est à 1 heure de Rennes, où vit ma famille. J’ai ainsi pu me rapprocher d’eux, et ça donne un vrai coup de boost. Pour ces trois raisons, Laval était donc le meilleur choix pour moi.

Tu es né à Kinshasa il y a 25 ans, quels liens gardes-tu avec le Congo ?

En effet ! Je suis un petit de Ngaba, et de Righini. Je garde des bons souvenirs de Kin et je reste très attaché au pays, j’ai envie de faire la fierté de ma famille là-bas. Je désire énormément aller en sélection, ça me tient vraiment à coeur. Je suis allé au pays l’année dernière avec ma femme et mes deux filles. C’était mon grand retour après 14 ans ! C’est important pour moi que mes enfants voient où j’ai grandi.

Quelles sont tes ambitions personnelles pour la saison en Ligue 2 ? Et à plus long-terme ?

C’est très simple : me prouver à moi-même que je suis capable de jouer ici. Après quatre années de National, j’attends ce moment depuis longtemps. Par la suite, j’aimerais devenir un joueur confirmé, donc je veux encore beaucoup apprendre. Et pourquoi pas voir plus haut ! Seul Dieu sait, et seul le travail paiera.

Peux-tu nous décrire ton style de jeu ?

Je suis un joueur qui se nourrit de la compétition. Je déteste perdre et ça se ressent dans une de mes capacités : les duels. Je mets beaucoup d’engagement dedans. Mes coéquipiers doivent avoir confiance en moi. Je suis formé défenseur central gauche mais je peux me débrouiller pas mal à gauche comme à droite dans une défense à trois. J’aime prendre le ballon, fixer et apporter un surnombre au milieu pour créer des décalages balle au pied.

As-tu un modèle à ton poste ?

Le joueur que j’ai apprécié regarder, c’est Jérome Boateng.  Aujourd’hui, il tend vers la fin,  mais à son prime, c’était l’un des meilleurs défenseurs que j’ai pu voir, et mon exemple pendant très longtemps.

Que penses-tu de la dynamique actuelle de la sélection ?

Je suis assez content de ce qui est en train de se passer. J’ai l’impression que le changement promis est enfin en train d’avoir lieu. On est sur la bonne voie pour revenir à la place ou on devrait être. Le peuple congolais est peuple attachant, qui mérite bien mieux en termes de résultats. La voie est encourageante, mais il faut rester focus et ne pas se perdre. Surtout, je suis très content de voir de plus en plus de binationaux représenter de plus en plus leur pays.

Le seul que je connais personnellement en sélection, c’est Yoane Wissa, avec qui j’ai joué à Lorient une saison. On s’était d’ailleurs croisés à Kin quand j’y étais !

Pour finir, quel message aurais-tu à transmettre aux Congolais qui viennent de te connaître, grâce à cette interview ? 

Po na ba kinois ba yebi nga te, naza mwana mboka, na botama na Kin. Il faut bo continuer ko soutenir équipe nationale na bino, même si temps mususu pe ezala pasi. Mais toza na posa na bino. Na pesa mbote na bana Ngaba et bana Fatundu. Righini pe. J’espère qu’on se verra bientot.

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