Leaders du groupe A, les Corbeaux avancent masqués. Derrière les bons résultats, l’inefficacité des avant-centres interroge à l’approche des playoffs.
Le TP Mazembe a terminé en tête du groupe A de la LINAFOOT. Une performance solide sur le plan comptable, mais qui cache une réalité plus inquiétante : une attaque en manque de repères dans l’axe.
Car si les Corbeaux dominent, ils le doivent en grande partie à leurs ailiers. Les recrues Lise Nyembo et Josué Kazema ont rapidement pris leurs marques et apporté de la percussion dans les couloirs.
Dans l’axe, en revanche, le constat est tout autre. Recruté au CS Lualaba après une saison à 20 buts en Ligue 2, Élie Mpoyo peine à franchir le cap. À seulement 20 ans, il n’a inscrit que deux buts et enchaîne les apparitions irrégulières.
Même difficulté pour Dylan Lumbu, discret depuis son arrivée, et pour Ousmane Kamissoko, qui n’a pas encore réussi à s’imposer comme le véritable fer de lance attendu après le départ de Fily Traoré.
Dans ce secteur, seul Lanjesi Nkhoma semble apporter une alternative crédible. Sans être un pur finisseur, le Malawite se distingue par son activité et sa capacité à désorganiser les défenses.
Symbole de ce déséquilibre offensif, Dieubéni Ndongala, latéral droit repositionné plus haut, s’est illustré avec sept buts, devenant l’un des joueurs les plus décisifs de l’équipe cette saison, derrière Faveurdi Bongeli (11 buts).
Et ce problème ne date pas d’hier. Déjà la saison dernière, le manque d’efficacité dans l’axe avait poussé l’entraîneur Lamine Ndiaye à des choix surprenants, allant jusqu’à aligner le troisième gardien Suleman Shaibu au poste d’avant-centre. Le Nigérian s’était même illustré avec six réalisations, un symbole fort des difficultés persistantes à ce poste depuis les départs de Ben Malango et Jackson Muleka.
À l’approche des playoffs, une question s’impose : Mazembe peut-il viser haut sans un véritable numéro 9 ?
Dans une saison où les ambitions africaines sont clairement affichées, cette “crise silencieuse” pourrait rapidement devenir un problème bien réel.
