Le parcours de Chavda Maïsha raconte à lui seul une vérité brutale du football : le talent ne suffit pas toujours pour construire une grande carrière.
À ses débuts au CS Don Bosco de Mutombo Tshota, dit « Écossais », beaucoup voyaient en lui l’un des futurs grands attaquants du pays. Un pur renard des surfaces. Toujours bien placé, peu de gestes inutiles, mais surtout cette capacité rare à sentir les actions avant tout le monde.
Maïsha jouait simple, juste et intelligemment. Ce genre d’attaquant qui n’a pas besoin de toucher cent ballons pour être dangereux.
Mais ce qui frappait également, c’était sa maturité en dehors du terrain. À seulement 18 ans, il s’exprimait déjà avec une aisance impressionnante devant les médias. Un détail souvent sous-estimé, alors qu’aujourd’hui la communication fait pleinement partie du football moderne.
En septembre 2012, il franchit une première étape importante en effectuant un essai de trois mois au RSC Anderlecht. À l’époque, ce type d’opportunité restait rare pour un jeune joueur évoluant encore en RDC. Finalement, le club belge ne le conservera pas.
Et c’est souvent dans ces moments-là que certaines carrières basculent.
Son passage au TP Mazembe ne lui permettra jamais de réellement exploser. Entre prêts successifs et concurrence féroce, Maïsha peine à trouver la stabilité. Il retourne régulièrement au CS Don Bosco, son club formateur, avant de relancer momentanément sa carrière au Sharks XI FC.
Là-bas, il retrouve son instinct de buteur avec 12 réalisations en LINAFOOT, dont un triplé resté dans les mémoires contre le FC Saint-Éloi Lupopo. Une performance qui convainc Hubert Velud de le rappeler au TP Mazembe en 2016.
Mais le contexte reste le même chez les Corbeaux. La concurrence offensive est énorme et Maïsha ne parvient jamais à s’imposer durablement.
La suite de sa carrière l’emmène principalement en Zambie, notamment au Zanaco FC, avant qu’il ne disparaisse progressivement des radars.
Aujourd’hui âgé de 35 ans, Chavda Maïsha reste ce joueur dont beaucoup continuent de parler avec une pointe de regret. Le symbole d’un immense potentiel qui n’a jamais totalement trouvé le contexte idéal pour éclore.
Car au-delà du cas Maïsha, cette histoire rappelle une réalité que le football congolais connaît bien : de nombreux talents prometteurs ne parviennent jamais à franchir le cap attendu. Entre les mauvais choix de carrière, le manque de stabilité, la concurrence, l’environnement ou parfois simplement le manque de réussite, le chemin vers le très haut niveau reste semé d’embûches.
Chavda Maïsha n’a peut-être pas connu la carrière que beaucoup lui prédisaient, mais son parcours demeure un rappel précieux : dans le football, le talent ouvre les portes, mais il ne garantit jamais le destin.
Interview Leopardsfoot de Maïsha Chavda en octobre 20212 à l’occasion du tournoi FIFA Bluewin à Zurich.
