Les Léopards sont désormais tournés vers l’Amérique.
Avec un match nul encourageant face au Danemark (0-0) puis une défaite peu rassurante contre le Chili (2-1), les hommes de Sébastien Desabre ont conclu leur préparation sur une note mitigée. Pas de quoi céder à la panique, mais suffisamment d’éléments pour dégager plusieurs tendances avant le grand rendez-vous.
Voici les quatre principaux enseignements à retenir pour le retour de la RDC à la Coupe du Monde.
L’attaque reste un chantier
Rien de vraiment nouveau sous le soleil.
Depuis trois ans, les Léopards ont réussi à construire une base défensive solide. En revanche, l’animation offensive continue de poser question…
Les deux matchs amicaux n’ont pas inversé une tendance devenue préoccupante : sur les dix dernières rencontres de la RDC, seuls trois buts ont été inscrits par des attaquants, dont un penalty de Yoane Wissa face aux Bermudes.
Le plus paradoxal est que les occasions existent.
Face au Danemark, les Léopards ont tenté neuf frappes. Face au Chili, dix. Mais sans jamais réellement donner l’impression de pouvoir faire basculer un match grâce à leur efficacité offensive.
Des ajustements restent possibles. Mais à quelques jours du tournoi, il paraît peu probable que la RDC se transforme radicalement dans ce domaine.
Le 3-5-2 offre des solutions intéressantes
Utilisé lors des éliminatoires contre le Togo puis testé à nouveau face au Danemark, le 3-5-2 semble offrir plusieurs réponses aux limites actuelles de l’effectif.
D’abord parce qu’il met en valeur les qualités de relance de défenseurs comme Chancel Mbemba ou Axel Tuanzebe. Ensuite parce qu’il permet à Arthur Masuaku et Aaron Wan-Bissaka d’évoluer dans un rôle de piston qu’ils connaissent parfaitement.
Au milieu, la densité apportée par trois joueurs axiaux peut également compenser l’absence d’un véritable meneur de jeu en pleine possession de ses moyens. Gaël Kakuta ne peut, en effet, plus être considéré comme un titulaire indiscutable sur la durée d’un tournoi.
Enfin, l’association d’un attaquant de fixation comme Simon Banza ou Fiston Mayele avec un joueur de profondeur comme Yoane Wissa ou Cédric Bakambu apparaît complémentaire sur le papier.
Face au Danemark, les Léopards ont d’ailleurs montré plusieurs séquences intéressantes dans ce système et auraient pu l’emporter avec davantage de réalisme, avec leurs quatre tirs cadrés.
La Colombie pourrait être l’adversaire le plus difficile
Le Portugal concentre naturellement l’attention.
Champion en titre de la Ligue des Nations, doté d’un effectif impressionnant, il représente le grand favori du groupe.
Mais la Colombie pourrait finalement être l’adversaire le plus compliqué à affronter pour la RDC.
Face au Chili, pourtant en pleine crise de résultats et actuellement le maillon faible de la zone CONMEBOL, les Léopards ont souffert face à l’intensité, à l’agressivité dans les duels et à cette fameuse “garra” sud-américaine.
Les Colombiens proposent exactement ces mêmes ingrédients. Avec davantage de qualité individuelle.
Luis Díaz, Jorge Carrascal ou encore Richard Ríos sont capables de faire très mal dans les transitions et les un-contre-un.
Surtout, la Colombie pourrait aborder cette rencontre dans le but d’assurer sa qualification après son premier match contre l’Ouzbékistan.
La RDC aura des arguments. Mais elle devra montrer un tout autre visage que celui aperçu contre le Chili.
La diaspora sera le véritable douzième homme
Plus que jamais, la RDC comptera sur sa diaspora.
Face au Danemark à Liège, près de 28 000 supporters acquis à la cause des Léopards ont transformé la rencontre en quasi-match à domicile. L’équipe a répondu par une prestation bien plus ambitieuse et entreprenante que lors du huis clos contre le Chili.
À l’inverse, les restrictions de visas et les procédures imposées par les autorités américaines empêcheront de nombreux supporters vivant en RDC de faire le déplacement pour la Coupe du Monde.
Comme la sélection elle-même, qui compte aujourd’hui 21 joueurs sur 26 ayant grandi à l’étranger, le pays devra s’appuyer sur ses enfants de la diaspora.
Des communautés congolaises importantes sont présentes au Texas, en Géorgie, au Canada et dans plusieurs grandes villes nord-américaines.
Dans un groupe où chaque détail comptera, leur soutien pourrait peser bien plus lourd qu’on ne l’imagine.
