Assombalonga, l’heure du départ ?

Assombalonga, l’heure du départ ?

@ 24 Juil 20 411

Middlesbrough doit une fière chandelle à Britt Assombalonga. Auteur de cinq buts décisifs depuis la reprise, l’attaquant congolais a grandement contribué à sauver la peau des siens en Championship. Et à désormais 27 ans, celui qui n’a encore jamais joué en première division serait bien inspiré d’aller voir ailleurs cet été. Voici pourquoi.

10 buts minimum ! 

Depuis le début de sa carrière professionnelle, Assombalonga a toujours atteint la barre des dix buts, si symbolique pour un attaquant. Du moins, lorsqu’il était apte. Car sa grave blessure au genou subie en février 2015 (un an et demi d’absence), alors qu’il plantait but sur but à Nottingham Forrest, l’avait forcé à faire l’impasse sur la saison suivante. Ainsi, son ratio d’un but pour quatre matchs en 2015/2016 ne compte pas vraiment.

Malgré ce grave imprévu, survenu au pire moment, alors qu’il était meilleur buteur de Championship avec 15 buts inscrits à la mi-saison, le natif de Kinshasa n’a jamais rien lâché. Pourtant diminué physiquement (il rate au total 13 journées sur blessure) il se débrouille pour marquer 14 fois au cours de la saison 2016-2017. Considéré comme l’une des plus fines gâchettes du championnat à 23 ans, il voit plusieurs écuries en Premier League lui faire la cour. Crystal Palace se montre notamment insistant, mais c’est finalement Middlesbrough qui rafle le joueur. 

Boro : joies individuelles, frustrations collectives…

Pourquoi avoir privilégié un club de Championship, au risque de stagner ? Les raisons sont multiples. Tout d’abord, Boro a littéralement cassé sa tirelire pour s’offrir le jeune buteur. Recruté pour 16 millions de livres, il devient alors le transfert le plus cher de l’histoire du club. En d’autres termes, la meilleure preuve qu’on compterait immédiatement sur lui. Et surtout, le club veut faire de Britt la star de son projet, qui vise à remonter immédiatement en Premier League, là où Nottingham cherchait surtout à se maintenir. Le club dispose de moyens conséquents, et dépense 50 millions de livres au cours du marché estival. 

Rapidement, l’attaquant congolais rentabilise l’effort consenti, en enchaînant but sur but. Titulaire indiscutable, il finit meilleur buteur du club avec 14 pions, mais qui s’avèrent insuffisants. En effet, Middlesbrough finit 5ème et accroche les Play-Offs. Mais les pensionnaires du Riverside Stadium chutent face à Aston Villa, et ratent l’opération remontée. Un premier coup dur pour le club, qui n’encaisse pas le retour sur investissement espéré. Le projet est toutefois relancé pour la saison suivante. 

Malheureusement, l’édition 2018-2019 va trop ressembler à la précédente. Malgré une certaine irrégularité, Mr Fox frappe 15 fois, égalant son total de sa saison 2014-2015, avant sa blessure. Mais le club peine à enchaîner les victoires, et échoue à la septième place, au pied des Play-Offs. Cette fois, le projet prend beaucoup de plomb dans l’aile. Le club a perdu de l’argent, et vend ses meilleurs éléments. La stratégie change, et l’équipe mise sur des jeunes s’étant révélés en League One (troisième division) dont l’anglo-congolais Marc Bola. Sondé par plusieurs clubs, dont l’Olympique de Marseille, Britt est finalement retenu à bord. 

2020 : l’heure d’aller voir ailleurs !

 

La saison actuelle a bel et bien enterré le projet de Middlesbrough. Avec une 17ème place acquise dans les dernières journées, le club a sauvé sa peau in extremis en Championship. Auteur d’une saison contrastée, Assombalonga a tout de même inscrit 11 buts, qui ont beaucoup compté dans le maintien. Blessé de début décembre à fin janvier, il aura manqué une partie cruciale de la saison, et n’a retrouvé le chemin des filets qu’à partir de juin. Loin d’être sa meilleure saison, donc, bien qu’il l’ait fini en beauté. Et désormais, un départ semble plus qu’envisageable. 

En effet, Britt a soufflé ses 27 bougies en décembre dernier. Soit la force de l’âge, à laquelle un joueur doit, idéalement, être au sommet de sa carrière. Aguerri par plus de 200 matchs dans l’antichambre de l’élite, il n’est plus un jeune espoir, et connaît la Championship comme sa poche. Voyant le projet de son club s’enrayer, il serait bien inspiré de mettre les voiles cet été, au risque de s’enliser.

Toutefois, ne soyons pas dupes. Middlesbrough ne devrait pas faire de cadeau et laisser facilement filer un joueur qui lui a coûté si cher trois ans plus tôt. De plus, le joueur peine à se débarrasser d’une irrégularité chronique, que même ses belles statistiques ont du mal à cacher. Car s’il peut surgir et marquer de nulle part, il sait également traverser un match sans jamais peser (cf Madagascar à la CAN) ou rater certaines occasions. Ces deux ombres au tableau lui ferment peut-être les portes des clubs ambitieux de Premier League. Néanmoins, les chiffres parlent, et un Britt en forme peut rendre de fiers services à une équipe de première division. Pas nécessairement au Royaume-Uni, mais pourquoi pas en Ligue 1, ou encore dans un club turc de haut de tableau ? En tout cas, loin de Middlesbrough…