Le coup de sifflet final a libéré tout un peuple.
À Atlanta, les joueurs congolais se sont enlacés, le banc a explosé de joie et, à des milliers de kilomètres, des millions de supporters ont célébré un exploit attendu depuis plus d’un demi-siècle. En renversant l’Ouzbékistan (3-1), la RDC ne s’est pas seulement qualifiée pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde. Elle a offert à près de 100 millions de Congolais une soirée qui restera gravée dans les mémoires.
Depuis le début de cette aventure mondiale, Sébastien Desabre ne cesse de rappeler que son équipe joue pour tout un pays. Avant le tournoi, le sélectionneur avait d’ailleurs eu une pensée pour les supporters restés en RDC, empêchés pour la plupart de vivre ce Mondial au plus près pour cause du virus Ebola.
« Nous savons que 100 millions de Congolais vont nous regarder. Le plus important pour nous, c’est de donner une bonne image du pays », disait Desabre.
Ses joueurs ont tenu parole. Après un nul historique face au Portugal (1-1), puis une courte défaite contre la Colombie (1-0), les Léopards abordaient ce troisième match avec une obligation : gagner. Il n’y avait plus de calculs possibles.
Le début de rencontre a pourtant réveillé les pires souvenirs. Menée dès la 10e minute, la RDC voyait sa qualification s’éloigner. Pendant de longues minutes, l’espoir semblait vaciller.
Mais cette équipe possède une qualité devenue sa marque de fabrique : elle refuse d’abandonner.
Yoane Wissa a d’abord remis les deux équipes à égalité sur penalty. Puis Fiston Mayele, sorti du banc, a offert l’avantage aux siens. Enfin, Wissa a inscrit le troisième but dans le temps additionnel pour transformer le stress en une immense explosion de joie.
Dans les rues de Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Matadi, Bukavu et partout ailleurs, les scènes de liesse ont immédiatement pris le relais de celles d’Atlanta.
Parce que cette victoire dépasse le football. Elle offre au pays un moment de communion, de fierté et d’unité. Pendant 90 minutes, les divisions s’effacent, les différences disparaissent et un seul maillot rassemble tout un peuple.
Depuis le début de ce Mondial, cette génération a offert à la RDC ce qu’elle n’avait jamais connu : un premier but, un premier point, une première victoire et une première qualification pour les seizièmes de finale.
À chaque match, elle réécrit un peu plus l’histoire. Et désormais, elle autorise tout un pays à croire à l’impensable.
Mercredi, face à l’Angleterre, le défi sera immense. Mais après ce que les Léopards ont déjà accompli, une certitude s’impose.
Les 100 millions de Congolais ont désormais une raison de rêver encore plus grand.
