Une semaine après le nul historique face au Portugal (1-1), l’euphorie pourrait rapidement gagner les rangs congolais. Pourtant, le plus grand danger pour les Léopards n’est peut-être pas l’excès de confiance. Il s’appelle Colombie.
Car si la RDC a réussi à tenir tête à l’une des meilleures sélections européennes, le défi qui l’attend ce mercredi est d’une nature totalement différente.
Les Colombiens ne jouent pas comme les Portugais. Là où les Européens privilégient souvent l’organisation collective, la maîtrise tactique et les séquences de possession, les Sud-Américains misent davantage sur l’intensité, les transitions rapides, l’imprévisibilité et la qualité technique dans les petits espaces.
Un style que les hommes de Sébastien Desabre connaissent déjà. Quelques jours avant le début de la Coupe du monde, la RDC avait affronté le Chili en match amical à Orléans. Malgré une prestation encourageante par séquences, les Léopards s’étaient inclinés 2-1 après avoir souffert face aux accélérations et à la qualité technique de leurs adversaires.
Ce match pourrait aujourd’hui servir de référence. La Colombie possède certes davantage de talent et d’expérience que le Chili, mais plusieurs principes de jeu restent similaires. Les déplacements incessants des attaquants, la vitesse dans les couloirs, la capacité à changer brutalement de rythme et l’efficacité sur les coups de pied arrêtés constituent des armes que les Congolais devront apprendre à neutraliser.
Pour y parvenir, la discipline affichée contre le Portugal sera indispensable. Face aux Lusitaniens, la RDC avait brillé par sa solidarité défensive, son agressivité maîtrisée et sa capacité à fermer les espaces. Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Steve Kapuadi et leurs partenaires avaient remporté de nombreux duels tout en limitant les situations dangereuses.
La Colombie exigera probablement un autre type d’effort.
Les défenseurs congolais devront être capables de défendre loin de leur but, de résister aux un-contre-un et surtout d’éviter les pertes de balle dans des zones dangereuses, souvent fatales contre les équipes sud-américaines.
Mais ce rendez-vous représente également une opportunité. Le nul contre le Portugal a prouvé que cette génération n’était pas venue au Mondial nord-américains pour faire de la figuration. Yoane Wissa, Arthur Masuaku, Aaron Wan-Bissaka, Ngal’ayel Mukau ou encore Edo Kayembe ont démontré qu’ils pouvaient rivaliser avec des joueurs évoluant au plus haut niveau mondial.
La question est désormais simple : les Léopards ont-ils retenu les leçons du Chili ?
Si la réponse est oui, alors la RDC possède les armes pour bousculer la Colombie et continuer à écrire l’une des plus belles histoires de cette Coupe du monde.
Car après avoir survécu au défi européen, il reste désormais à franchir l’obstacle sud-américain. Et celui-ci pourrait être encore plus dangereux.
