RDC-Guinée équatoriale : que vaut le prochain adversaire des Léopards ?

Par Muko
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Onze ans après leur dernière confrontation, les Léopards vont retrouver le Nzalang Nacional. Depuis, le petit pays d’Afrique centrale a bien évolué.

Alors au sommet de son art en 2015, avec une 49e place historique au classement FIFA lorsque les Léopards l’avaient affronté, le Nzalang a connu des hauts et des bas. La Guinée équatoriale a notamment mis fin à sa politique de naturalisation massive de joueurs étrangers et a réussi à renouveler un vivier pourtant limité.

Et malgré les contraintes liées à sa faible population, elle est parvenue à s’installer durablement dans le paysage continental et à se qualifier régulièrement pour la CAN. Une équipe qui traverse aujourd’hui une période bien moins faste, mais dont il serait dangereux de sous-estimer la capacité à poser des problèmes.

Une véritable équipe d’expatriés

Comme les Léopards, les Équato-Guinéens ne s’appuient plus sur le vivier local depuis plusieurs années. Et comme la RDC, ils ne comptent qu’un seul joueur du championnat national dans leur groupe : le troisième gardien Miguel Ángel Nkogo, qui évolue au CSD Ebenezer.

Autre évolution notable : alors que le pays fut une colonie espagnole et que son football a longtemps entretenu des liens très forts avec l’Espagne, seuls trois joueurs de la liste y évoluent aujourd’hui, si l’on exclut Andorre.

Le Nzalang est devenu une véritable équipe de baroudeurs, avec pas moins de 19 pays représentés dans la liste ! De l’Estonie à l’Éthiopie, en passant par Singapour, la République tchèque, la Libye, la Malaisie ou l’Afrique du Sud, les Équatos s’exportent… et s’exportent loin !

Cette équipe très cosmopolite devra cependant apprendre à vivre sans son visage le plus emblématique : Emilio Nsue.

Meilleur buteur de la CAN 2024, l’ancien capitaine a raccroché après une édition 2025 totalement ratée par les siens, éliminés dès le premier tour. Il aura néanmoins quitté la scène continentale sur un dernier bijou inscrit face à l’Algérie malgré la défaite (3-1).

Cette CAN, au cours de laquelle la Guinée équatoriale n’a pas réussi à décrocher le moindre point, a également été la dernière de l’ère Juan Micha. En poste depuis 2020, le technicien équato-guinéen aura considérablement fait progresser la sélection.

Depuis le 26 août, c’est l’Italien Vincenzo Alberto Annese qui a repris les commandes du Nzalang. Il a signé pour deux ans et le choc face à la RDC constituera son premier match officiel à la tête de la sélection.

Des briscards toujours là

Si Nsue n’est plus là, la Guinée équatoriale n’est pas pour autant dépourvue de joueurs expérimentés.

Pablo Ganet (31 ans), qui était déjà présent lors de la confrontation face aux Léopards en 2015, évolue aujourd’hui en Indonésie et pourrait disputer en 2027 la cinquième CAN de sa carrière. Une longévité qui illustre aussi la remarquable constance du Nzalang à l’échelle continentale malgré son vivier réduit .

Même constat pour Carlos Akapo. L’ancien latéral passé notamment par Valence évolue désormais en Malaisie et, à 33 ans, poursuit une riche carrière internationale marquée par trois Coupes d’Afrique jouées.

Au milieu, José Machín (30 ans) fait lui aussi partie des cadres encore présents pour accompagner la transition.

Et quelques joueurs à bon niveau

Mais le Nzalang ne se résume pas à ses vieux briscards.

À 21 ans, Roni Mbomio, qui évolue à l’Atlético Ottawa, aura peut-être l’occasion de recroiser Dimitry Bertaud, qui lui a infligé une correction avec Forge FC dans le championnat canadien il y a quelques semaines (3-0).
Pas de jeune crack dans cette équipe, mais plusieurs joueurs évoluant à un niveau correct.

C’est notamment le cas d’Álex Balboa, désormais au Real Valladolid, mais surtout du capitaine Saúl Coco (27 ans), installé dans la défense du Torino, en Serie A italienne, et patron de l’arrière-garde équato-guinéenne.

L’absence de Luis Nlavo, l’une des principales armes offensives du Nzalang, enlèvera en revanche une option importante à la nouvelle équipe d’Annese.

Une sélection perturbée ces derniers mois

Actuellement 105e au classement FIFA, après avoir atteint jusqu’à la 49e place mondiale en 2015, la Guinée équatoriale traverse une période nettement moins glorieuse.
Depuis son impressionnante CAN 2024 en Côte d’Ivoire, marquée notamment par le retentissant 4-0 infligé aux Éléphants à domicile avant une élimination en huitièmes, le Nzalang a perdu de sa superbe et son environnement a surtout été perturbé par plusieurs problèmes extrasportifs.

L’un des épisodes les plus marquants est intervenu autour du déplacement au Malawi lors des éliminatoires du Mondial 2026. Les joueurs avaient refusé d’embarquer dans les conditions de voyage qui leur étaient proposées, estimant notamment que celles-ci pouvaient mettre leur santé physique en danger.

Omar Mascarell avait ensuite publiquement donné la version des joueurs et sévèrement critiqué le fonctionnement de la fédération. Un épisode symptomatique d’une période compliquée, entre problèmes logistiques, polémiques extrasportives et résultats en baisse, qui a accompagné la fin du cycle Juan Micha.

Le joueur à suivre : Álex Balboa

À 25 ans, Álex Balboa incarne bien cette Guinée équatoriale nouvelle génération. Formé en Espagne, notamment au Deportivo Alavés, le milieu a également connu les Pays-Bas avec Almere City avant de revenir en Espagne et de rejoindre le Real Valladolid cet été après une saison pleine à Lugo.

Balboa est avant tout un milieu de volume. Mobile, énergique et généreux dans l’effort, il aime couvrir beaucoup de terrain et accompagner les transitions. Son activité lui permet d’être présent à la récupération tout en se projetant rapidement vers l’avant.
Sans être le joueur le plus spectaculaire techniquement du Nzalang, il apporte du rythme, de l’intensité et de l’équilibre à l’entrejeu. Son profil de milieu capable d’avaler les kilomètres sera particulièrement utile à une équipe qui devrait passer une partie importante de la rencontre sans ballon.

Face à la puissance et à la qualité technique du milieu congolais, sa capacité à fermer les espaces et à ressortir proprement les premiers ballons pourrait être l’une des clés équato-guinéennes.

Un adversaire prenable, mais pas facile à jouer

Malgré leur contexte extra-sportif défavorable , la majorité des joueurs continue de répondre à l’appel et ces derniers tenteront désormais d’ouvrir une nouvelle ère sous Vincenzo Annese à l’occasion de ce choc d’Afrique centrale face à la RDC.

Sur le papier, il n’y a pas vraiment photo. Les Léopards sortent d’une Coupe du monde historique et disposent d’un réservoir individuel très largement supérieur. Même dans un Stade des Martyrs à huis clos, tout autre résultat qu’une victoire congolaise constituerait une grosse contre-performance.

Mais attention tout de même. La Guinée équatoriale a bâti une bonne partie de sa réputation récente sur sa capacité à survivre avec un vivier limité, à former un groupe cohérent et à embêter des sélections théoriquement supérieures.

En clair : le Nzalang reste une équipe tenace et pas évidente à manoeuvrer. Aux Léopards de faire respecter la hiérarchie.

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