Sauf immense retournement de situation, le FC Saint-Éloi Lupopo ne disputera pas les compétitions interclubs de la CAF la saison prochaine. Un scénario qui constituerait une première depuis l’arrivée de Jacques Kyabula à la présidence du club.
Depuis sa prise de fonction, le dirigeant avait fait de la présence régulière des Cheminots sur la scène continentale l’un des marqueurs de son mandat. Mais à trois journées de la fin des playoffs, la réalité du classement est implacable : Lupopo est désormais loin du podium et des places qualificatives pour l’Afrique.
Pourtant, rien ne laissait présager une telle situation. Les Jaune et Bleu avaient survolé la phase classique du championnat, affichant des ambitions légitimes de sacre national. Mais la phase des playoffs a tourné au cauchemar.
Face à ses principaux concurrents, Lupopo n’a remporté qu’un seul choc, contre le TP Mazembe. Les Cheminots ont en revanche échoué à battre l’AS Maniema Union, l’AS Vita Club, le FC Les Aigles du Congo et le CS Don Bosco. Un bilan insuffisant pour une équipe qui visait le titre.
Les difficultés sportives ne sont toutefois qu’une partie de l’équation. En coulisses, le club traverse également une période délicate. L’absence prolongée de Jacques Kyabula, bloqué à Kinshasa depuis plusieurs mois, a alimenté les interrogations. À cela se sont ajoutés des retards dans le paiement des salaires et des primes, une situation qui n’a pas favorisé la sérénité du groupe.
Sur le terrain, l’inefficacité offensive a également coûté cher. Symbole de cette panne, Wanet Kashala. Auteur de 14 buts lors de la phase classique, l’attaquant est resté muet durant les playoffs, à l’image d’une attaque qui n’a jamais trouvé son rythme dans les moments décisifs.
À quelques journées du terme, Lupopo semble payer le prix d’une accumulation de problèmes sportifs, administratifs et financiers. Plus qu’une simple saison manquée, cette campagne pourrait marquer un véritable tournant dans le projet des Cheminots. Reste désormais à savoir quelles leçons seront tirées pour éviter que cette désillusion ne se transforme en crise durable.
