Kashala Bonzola, le chaudron sanguinolent

Par Varane Kombi
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Il est temps que les choses changent !

La sécurité et la tranquillité tant morale que physique des athlètes sont toujours mises en branle à Kashala Bonzola, le seul stade de football de renom dont dispose l’espace Kasaien. Au centre de la République Démocratique du Congo, ce monument tissé sur fond d’un dur labeur est aujourd’hui théâtre des affres spectacles.

Sur et en dehors du terrain, d’aucuns ressentent la terreur et l’ampleur de l’agressivité que transmet cet antre footballistique. Mais comment en sommes nous arrivés là ?

Une victimisation nourrie par les dirigeants de Sanga Balende.

Le Sa Mageste Sanga Balende évolue au stade Kashala Bonzola depuis 2018 après des longues années passées au stade Tchikisha de Mbuji Mayi. Un bijou qui s’est dégradé au fil des années. Aujourd’hui, c’est devenu l’une des enceintes sportives le plus désagréables du pays.

Tout part d’une victimisation et d’un sentiment d’injustice alimentés dans l’esprit des fans de la team Rouge et or par l’ancien président du club. Suffisant pour déclencher un cycle infernal de violences « Nous pointons à la tête du classement de cette phase Aller de la Ligue nationale de football. Quand d’autres clubs arrivaient à ce stade de la compétition, que ça soit la Fecofa, la Ligue Nationale de Football, le Ministre des Sports, tous crient champion ! Nous, on a joué sans accompagnement. Nous avons demandé qu’on puisse nous sacré champion parce que nous sommes arrivés à la fin de la saison sportive. Ils demandent la dérogation mais nous sommes arrivés à la fin de la saison sportive» , déclarait Ngoyi Kasanji en Mai 2018 devant une foule de supporters alors que les Banjeluna Basantu pointaient en tête du classement au bout de la phase aller du championnat national. Pour lui, il n’était plus question que la phase retour se joue.

Pour éviter les éventuels débordements à la suite de cette « incitation à la violence » , la Ligue Nationale de football avait mis en garde l’ancien gouverneur du Kasai via une note. «Vous avez stigmatisé un prétendu complot ourdi par la Commission de gestion de la LINAFOOT qui viserait à nuire aux intérêts de Sanga Balende au profit de ses adversaires. Il est évident que vous avez inoculé le venin de la violence dans le chef de vos supporters qui ne sont plus disposés d’accepter une contreperformance de votre club à domicile. De ce fait, nous avons l’avantage de vous informer que la LINAFOOT vous tiendra personnellement responsable de tout acte de violence et/ou vandalisme qui pourrait subvenir lors des matches de la Vodacom Ligue 1 à Mbuji-Mayi» rétorquait la Ligue. Trop tard puisque le mal était déjà fait.

Des condamnations hypocrites et incitatives

Les violences la saison dernière contre le TP Mazembe dans un match comptant pour le dernier virage du championnat auront été l’aboutissant d’une barbarie nourrie et intériorisée par une frange d’ultras Banjeluna. En lieu et place des condamnations contre ces actes ignobles, l’on assiste plutôt à des propos plus incitatifs à la violence prochaine à l’intérieur même du club.

Un discours ambivalent renfermant à la fois sympathie hypocrite et victimisation incitative « Nous dénonçons fermement les désordres qui se sont passés après notre match face au TP Mazembe en dehors du stade. J’appelle nos fanatiques au calme, même si nous reconnaissons un mauvais arbitrage en notre défaveur pendant plusieurs matches et surtout depuis nos matches joués à Kinshasa en phase retour » avait lâché Alexis Fakhi, président du club.

Linafoot dans l’inoffensivité

Aux grands maux doivent correspondre des grands remèdes. Ce n’est ni les 5000 dollars infligés aux réfractaires supporters du Sa Mageste Sanga Balende face aux actes ignobles indescriptibles à l’encontre des joueurs et staff technique de Mazembe qui changera la donne. La nécessité de frapper plus fort s’impose avant que le pire n’arrive.

Comment expliquer qu’en situation de huit clos, telles violences puissent se priduire ?

Une chose est sûre, le lundi dernier, Kashala Bonzola, rempli à plus de 80% a encore ressuscité ses demons. Les nouvelles victimes de la barbarie sont les officiels du duel entre l’As Maniema Union et l’équipe locale et les joueurs Kinduciens. Au coup de sifflet final, une horde des supporters, frustrés par le nul de leur club fait irruption sur le terrain, agressent arbitres et joueurs adverses qui n’attendent que l’intervention de la police pour être sauvé de justesse. Un geste de trop qui atteste de l’agressivité des locataires de Kashala Bonzola.

Il est innadmissible que tels actes se produisent en plein régime d’interdiction d’accès des supporters aux stades. Une circonstance aggravante qui doit finalement inciter la Linafoot à prendre une décision proportionnelle à la gravité des faits et au récidivisme. Ras-le-bol !

 » Les stades de foot ne doivent jamais servir d’exutoires pour tous les inciviques »

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