Chris Mavinga : « La RDC doit être au mondial »

Par Muko
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Le feu est enfin vert pour Chris Mavinga !

Absent des derniers rassemblements, le défenseur de Toronto n’a pas pu honorer ses convocation, suite à l’expiration de son passeport de service. Pourtant bien présent dans les plans du staff, le joueur de 30 ans a décidé de prendre les choses en main. Profitant de ses vacances, l’international congolais s’est rendu à Kinshasa afin d’obtenir un nouveau passeport, et revêtir la tunique des Léopards en match officiel, cinq ans après sa dernière sélection. Un objectif qu’il n’a jamais perdu de vue. L’occasion pour nous de lui poser quelques questions…

Bonjour Chris ! Comment vas-tu ?

Bonjour Leopardsfoot, je vais très bien, et j’espère que vous aussi !

La campagne de MLS s’est achevée début novembre pour Toronto. Vous avez terminé 13ème au classement en conférence Est. Comment expliques-tu cette saison difficile?

Loin de leurs familles et de leurs supporters, Mavinga et Toronto ont vécu une saison rude…

Une saison très difficile, en effet. Sur, et en dehors du terrain d’ailleurs.

Elle s’explique en grande partie par le fait qu’on ait été délocalisés à Tampa, en Floride (en raisons des restrictions COVID au Canada, ndlr) pendant quatre mois. On a passé cette période loin de nos familles, de nos supporters. En plus, on a eu un changement de coach, et le style du nouveau ne convenait vraiment pas au groupe. Tous ces facteurs ont vraiment compliqué la saison. Mais maintenant qu’on est de retour chez nous, et avec la qualité de notre effectif, la saison qui arrive sera très différente. J’en suis persuadé.

D’un point de vue individuel, tu as joué 22 matchs, mais tu as manqué plusieurs rencontres sur blessure. Comment juges-tu ta saison ?

Ça a été une saison mitigée aussi. J’ai fait quelques bons matchs, et d’autres un peu moins. Mais comme je l’ai expliqué, c’était un contexte très particulier, c’est la première fois que je vivais quelque chose comme ça. Surtout que je ne suis ni Canadien, ni Américain, donc je me suis retrouvé vraiment seul pendant quatre mois. J’étais à l’hôtel H24, et je n’en sortais que pour m’entraîner ou jouer les matchs. C’était donc loin d’être une situation idéale. Ca a été très difficile de gérer la relation à distance avec ma femme et ma fille, notamment quand il y avait des soucis à la maison. Sur le papier, c’est vraiment une saison à oublier, mais j’en retiens quand même l’expérience, ça fait partie de la vie.

L’année dernière, Larrys Mabiala nous disait que la MLS n’avait plus rien à envier à la Ligue 1. Tu es d’accord avec son constat ?`

Oui, Larrys a raison !

J’ai eu des propositions pour revenir en France, mais c’est difficile de changer d’environnement parce qu’on se sent très bien en MLS. C’est un beau championnat, une super qualité de vie… donc aucune raison de vouloir un quelconque changement. Et puis, le foot marche avec la confiance. Quand tu es dans un club dans lequel tu sais qu’on compte sur toi, c’est toujours mieux qu’une équipe ou tu ne sais pas trop ce qui t’attend. Ici, le club m’apprécie, et ça me permet d’être épanoui dans mon football.

Convoqué en 2015 par Florent Ibenge, Chris Mavinga n’a joué qu’un seul match officiel avec les Léopards.

Parlons des Léopards… tu es en ce moment à Kinshasa pour résoudre un problème de passeport. De quoi s’agit-il exactement?

Oui je suis actuellement à Kinshasa, car j’ai décidé de prendre les choses en main pour mon passeport et de pouvoir enfin (re)jouer avec l’équipe nationale. Tout ça a pris énormément de temps… j’aurais déjà du avoir mon passeport de service pour septembre, car il était périmé, mais il y a eu un problème au Ministère qui a tout retardé.

Pour le dernier match, j’avais été sélectionné. Et, bien que blessé, je voulais en profiter pour venir à Kin effectuer ces démarches, mais là aussi, ça n’avait pas pu se faire. Je pense que les Congolais savent à quel point l’administratif est compliqué dans ce pays. Entre les retards, les couacs… donc à l’heure actuelle je suis toujours en attente de mon passeport. Mais j’espère vraiment que je rentrerai avec le précieux sésame.

Tu pourrais être disponible pour mars ?

Je fais tout mon possible pour que ce soit le cas. Déjà sur le plan administratif, pour que je sois officiellement apte. Et puis sur le terrain, ça sera à moi d’assurer dès la reprise du championnat, en janvier.

Contre la Tunisie, tu avais été rappelé 5 ans après ton dernier match. Retrouver les Léopards était un objectif pour toi durant ces années ?

Ah, ça a été tout un objectif. C’est vrai que j’ai souvent été déçu de ne pas être appelé, alors que j’estimais mériter au moins une chance de faire partie du groupe. Ça a pris cinq ans, durant lesquels j’ai patienté, travaillé, et aujourd’hui je suis fier de moi. Mais j’ai envie de plus. Je veux être sur le terrain, et contribuer à ramener la RDC au mondial. Ça serait une très belle consécration.

Tu as eu l’occasion de discuter avec le nouveau staff, sur ce qu’ils pouvaient attendre de toi ?

Oui je parle beaucoup avec l’adjoint notamment. Le staff a apprécié mon profil depuis le match contre la Tunisie, donc ils espèrent vraiment que je sois sélectionnable en match officiel. Après, l’administratif n’est ni de leur ressort, ni du mien. C’est aussi à la Fédération de faire en sorte que je sois disponible pour eux. Tout ce que je me souhaite, c’est de quitter Kinshasa avec mon passeport en main.

Ton profil est assez différent des autres défenseurs centraux de l’effectif. Selon toi, qu’est-ce que tu peux apporter en particulier à l’équipe ?

C’est vrai. Je suis gaucher, donc je peux apporter beaucoup au niveau de la première relance et des sorties de balle. Comme je suis directement sur mon pied gauche, je peux ressortir le ballon plus rapidement. Après, les autres ont des profils de qualité. Mais sincèrement, peu importe qui joue, c’est le Congo qui compte. Les meilleurs doivent être alignés, et j’espère qu’ils nous emmèneront à la Coupe du Monde.

Du coup… la Coupe du Monde avec les Léopards, on y croit ?

Bien sûr ! On est un grand pays, avec des joueurs de qualité. Il n’y a aucune raison que cet objectif ne soit pas abordable. Il ne faut vraiment pas se mettre de limites, la RDC doit aller au mondial ! Si je décide de prendre moi-même les choses en main pour régler mon problème administratif, c’est que j’y crois à fond. Je constate qu’au cours des éditions précédentes, des équipes comme le Togo et l’Angola (en 2006, ndlr) y étaient. Donc pourquoi pas nous ? Peu importe l’adversaire. Ce sont deux matchs, en aller-retour, donc il faut jouer sans calcul. Tout est possible dans le foot, et le favori peut tout à fait perdre. C’est ce qui fait la beauté de ce sport.

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