Interclubs CAF : le football congolais régresse, seul Maniema Union résiste

Par Henock SEKE
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Le football congolais continue de perdre du terrain sur la scène continentale. À l’issue des tours préliminaires des compétitions interclubs de la CAF 2026-2027, la République démocratique du Congo ne comptera qu’un seul représentant en phase de groupes sur les quatre clubs engagés au départ.

Le TP Mazembe et le FC Les Aigles du Congo étaient engagés en Ligue des champions, tandis que l’AS Maniema Union et le DC Virunga défendaient les couleurs congolaises en Coupe de la Confédération. Au terme des éliminatoires, seul Maniema Union a réussi à franchir ce cap.

Les Aigles du Congo ont été éliminés par l’APR FC du Rwanda, le TP Mazembe a subi la loi du Club Africain de Tunisie, tandis que le DC Virunga a été sorti par le Primeiro de Agosto d’Angola.

Autrefois redoutée sur la scène africaine, la RDC peine désormais à maintenir son rang. Entre difficultés organisationnelles, manque de compétitivité et départs de joueurs talentueux, plusieurs facteurs interrogent sur la trajectoire du football congolais.

Maniema Union, le seul et unique espoir !

Encore considéré comme un outsider il y a quelques années, l’AS Maniema Union s’installe progressivement parmi les clubs congolais les plus réguliers sur la scène continentale.

Lors de la saison 2024-2025, le club de Kindu avait découvert la phase de groupes de la Ligue des champions pour la première fois de son histoire. Une campagne d’apprentissage qui lui a permis d’acquérir de l’expérience au plus haut niveau africain.

La saison dernière, les Unionistes ont confirmé leur progression en Coupe de la Confédération. Opposés notamment au Wydad Casablanca, à Azam FC et à Nairobi United, ils ont récolté 12 points en six rencontres, terminant deuxièmes de leur groupe. Qualifiés pour les quarts de finale, ils ont finalement été éliminés par l’USM Alger, futur vainqueur de la compétition.

Maniema Union a ainsi démontré sa capacité à rivaliser avec des formations plus expérimentées.

Le club de Kindu possède également une particularité : au cours des trois dernières saisons, il est le seul club congolais à avoir atteint la phase de groupes des deux compétitions interclubs de la CAF, la Ligue des champions et la Coupe de la Confédération.

Cette saison encore, les Unionistes seront les seuls représentants de la RDC en phase de groupes. Après avoir éliminé le Kabuscorp d’Angola sur un score cumulé de 8-2, ils porteront seuls les ambitions congolaises sur la scène continentale.

Mazembe, le géant en déclin…

Le cas du TP Mazembe illustre également les difficultés du football congolais.

Lors de la saison 2024-2025, les Corbeaux avaient disputé la phase de groupes de la Ligue des champions, terminant à la dernière place de leur groupe avec cinq points. La saison suivante, ils étaient absents des compétitions interclubs africaines, avant de retrouver la Ligue des champions en 2026-2027.

Mais ce retour a été de courte durée. Après avoir éliminé Medeama SC du Ghana, les Lushois ont été sortis au deuxième tour préliminaire par le Club Africain, à la suite d’un match nul à l’aller (1-1) et d’une défaite au retour (1-0).

Pour un club qui a remporté cinq fois la Ligue des champions de la CAF, cette succession de contre-performances soulève des interrogations.

Le recul de Mazembe peut notamment être analysé à travers l’évolution de son effectif, les départs de plusieurs joueurs importants et les difficultés à maintenir une équipe compétitive sur la durée. Des départs comme ceux de Jackson Muleka, Ben Malango ou Fily Traoré illustrent le renouvellement de l’effectif, même si ces mouvements ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer les difficultés actuelles.

Le géant lushois devra retrouver une stabilité sportive et organisationnelle pour renouer avec ses ambitions continentales.

Le championnat congolais en cause !

Le manque de régularité du calendrier de la LINAFOOT constitue l’un des problèmes récurrents du football congolais.

Ces dernières saisons, plusieurs clubs ont abordé les tours préliminaires des compétitions africaines avec un nombre limité de rencontres officielles dans les jambes. Si la pré-saison permet aux joueurs d’assimiler les principes de jeu de leur entraîneur et de travailler leur condition physique, elle ne remplace pas la compétition.

Les matchs officiels permettent de renforcer les automatismes, la cohésion collective et la gestion des temps forts et des temps faibles. Autant d’éléments qui peuvent faire la différence face à des adversaires évoluant dans des championnats mieux structurés et bénéficiant d’un calendrier plus régulier.

Face aux retards de la LINAFOOT, certains clubs congolais ont tenté de trouver des solutions en organisant des tournois de préparation.

Le TP Mazembe a notamment pris l’initiative d’organiser une compétition permettant aux clubs du Haut-Katanga et des environs de préparer leurs échéances. À Kinshasa, l’AS Vita Club, le FC Les Aigles du Congo et le FC MK ont également participé à des initiatives destinées à maintenir les joueurs en activité.

Ces efforts témoignent de la volonté des clubs de combler les lacunes du calendrier national. Toutefois, des tournois de préparation ne peuvent durablement remplacer un championnat organisé dans les délais et disputé dans des conditions optimales.

L’exode des talents, un autre défi !

Les difficultés financières constituent également un obstacle majeur pour les clubs congolais.

La question du financement des déplacements et de la prise en charge de certaines dépenses liées au championnat revient régulièrement, avec des clubs qui sollicitent l’accompagnement des pouvoirs publics pour assurer leur participation aux différentes rencontres.

Dans ce contexte, conserver les meilleurs joueurs devient un défi permanent. Les talents émergents sont souvent tentés par des opportunités à l’étranger, tandis que les clubs doivent renouveler régulièrement leurs effectifs.

Il devient ainsi difficile de construire des équipes capables de travailler ensemble pendant plusieurs saisons et de développer des automatismes durables.

Cette instabilité peut fragiliser les projets sportifs, particulièrement lorsqu’elle s’accompagne de difficultés dans le recrutement, la formation et la fidélisation des joueurs.

Les décideurs face à leurs responsabilités

La situation actuelle appelle une réflexion collective sur l’avenir du football congolais.

La régularité du championnat, la stabilité des clubs, le financement des compétitions, la formation des jeunes et la conservation des talents doivent figurer parmi les priorités.

Les dirigeants de la FECOFA, de la LINAFOOT, des clubs et les pouvoirs publics gagneraient à se réunir autour d’objectifs concrets, avec des responsabilités clairement définies et un calendrier de mise en œuvre.

La présence de l’AS Maniema Union en phase de groupes constitue une éclaircie dans un tableau préoccupant. Mais un seul club ne peut, à lui seul, porter durablement les ambitions continentales de tout un pays.

Pour retrouver son rang en Afrique, le football congolais doit s’attaquer aux problèmes structurels qui freinent son développement.

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