Le football congolais traîne depuis plusieurs années une difficulté qui ne semble toujours pas trouver de solution durable : la gestion des contrats des joueurs. Le cas récent de Mika Miché en offre une nouvelle illustration.
Alors qu’il était encore lié au FC Saint-Éloi Lupopo, le milieu de terrain a pourtant été aperçu à l’entraînement avec le TP Mazembe lors de la reprise officielle des activités du club, le jeudi 6 août.
Une situation pour le moins surprenante concernant un joueur qui n’est pas un novice. À bientôt 30 ans, Mika Miché compte plus d’une décennie d’expérience dans le football de haut niveau et porte même le brassard de capitaine chez les Cheminots.
Plus étonnant encore : ce mardi 11 août, le joueur s’est retrouvé de nouveau à l’entraînement avec Lupopo.
Difficile, dans ces conditions, de ne pas s’interroger sur les circonstances de cet épisode. Avait-il simplement oublié qu’il était encore sous contrat ? L’hypothèse paraît peu crédible. Certains pourraient avancer celle d’un simple passage à Mazembe afin de maintenir sa condition physique avec son ancien club. Mais là encore, plusieurs zones d’ombre subsistent.
D’abord, Lupopo avait officiellement repris le travail le même jour, avec une séance en salle de musculation, en attendant l’arrivée de son nouvel entraîneur, Rachid Ghaflaoui, arrivé à Lubumbashi lundi.
Ensuite, une question demeure : un joueur encore lié contractuellement à un club peut-il participer librement aux séances de reprise d’un autre club sans que sa situation ait préalablement été clarifiée entre les différentes parties ?
À ce stade, seuls Mika Miché et les dirigeants concernés connaissent les contours exacts du dossier. Selon les dernières informations, Lupopo réclamerait 15 000 dollars américains à tout club souhaitant s’attacher les services du joueur afin de le libérer de son contrat, qui court jusqu’au mois de janvier.
Un élément qui rend son passage à l’entraînement du TP Mazembe encore plus difficile à comprendre. Mais au-delà du cas personnel de Mika Miché, cet épisode remet une nouvelle fois sur la table une problématique récurrente du football congolais : la professionnalisation de la gestion administrative et juridique des clubs.
Et c’est précisément sur ce terrain que certaines orientations du programme de Véron Mosengo-Omba, président de la FECOFA, prennent tout leur sens.
Dans son Axe 3, consacré à la restructuration et à la professionnalisation des clubs locaux, le programme prévoit notamment un accompagnement administratif, juridique et organisationnel des structures.
L’Axe 7, consacré à la transition vers l’élite et le football professionnel, prévoit également, dans son cinquième point, un accompagnement des jeunes joueurs dans la gestion de leurs premiers contrats.
Ces orientations montrent que le problème dépasse largement le seul cas Mika Miché. Un contrat doit être un document qui protège les deux parties, et non une simple formalité administrative.
Tant que les clubs ne disposeront pas d’un véritable suivi contractuel, les mêmes situations risquent de se répéter : joueurs qui s’entraînent ailleurs alors qu’ils sont encore engagés, clubs qui se disputent leurs services, transferts contestés et carrières freinées par des litiges qui auraient parfois pu être évités.
Le football congolais veut devenir professionnel. Cette professionnalisation commence aussi par une gestion et une application rigoureuse des contrats.
