Le TP Mazembe a récemment récusé quinze arbitres pour ses derniers matchs des playoffs de la LINAFOOT. Dans une correspondance adressée à la LINAFOOT et à la FECOFA, le club de Lubumbashi estime que ces officiels n’offrent plus les garanties d’impartialité nécessaires.
Sans citer explicitement son rival, Mazembe fait notamment référence aux sept penalties obtenus par un concurrent direct dans la course au titre depuis le début des playoffs. Un chiffre qui correspond à celui du FC Les Aigles du Congo, seul club à avoir bénéficié de sept penalties depuis le lancement de cette phase décisive du championnat.
Au-delà de la polémique, cette affaire remet sur la table une question récurrente du football congolais : celle de l’indépendance de l’arbitrage.
Dans un championnat où les primes de prestation des arbitres demeurent particulièrement faibles, souvent autour de 50 dollars américains par rencontre, les soupçons d’influence et de corruption continuent d’alimenter les débats. La faiblesse de ces rémunérations est régulièrement pointée du doigt comme l’une des fragilités du système, dans un environnement où les pressions autour des résultats restent importantes.
Mais cette situation pourrait connaître un tournant sous le mandat de Véron Mosengo-Omba.
Élu récemment à la tête de la FECOFA, l’ancien secrétaire général de la CAF a placé la professionnalisation de l’arbitrage parmi les priorités de son programme. Son projet prévoit la création d’un groupe de 30 à 35 arbitres qui deviendraient des employés permanents de la fédération.
Ces arbitres bénéficieraient d’un salaire mensuel fixe, en plus des primes liées aux matchs. L’objectif est clair : réduire leur dépendance financière et les mettre à l’abri des pressions extérieures susceptibles d’influencer leurs décisions.
Mosengo-Omba s’appuie notamment sur son expérience à la CAF, où il affirme avoir contribué à assainir un système confronté à des pratiques similaires. Selon lui, certaines fédérations et certains clubs tentaient même d’influencer la désignation des arbitres avant son arrivée. Une situation qui aurait progressivement été corrigée grâce à une meilleure gouvernance et à une revalorisation des conditions de travail des officiels.
La récusation massive opérée par le TP Mazembe illustre ainsi le déficit de confiance qui entoure encore l’arbitrage congolais. Au-delà du cas des playoffs actuels, cette controverse rappelle surtout l’urgence de réformes structurelles capables de renforcer l’indépendance et la crédibilité des arbitres.
Le projet porté par Véron Mosengo-Omba pourrait constituer une première réponse à ce problème de fond. Car tant que les arbitres resteront exposés à la précarité financière et aux soupçons permanents, chaque décision contestée continuera d’alimenter les polémiques.
Plus qu’une simple question d’arbitrage, c’est finalement la crédibilité même du championnat national qui est en jeu.
