Lionel Mpasi-Nzau (Rodez) : “Représenter la patrie ? Ce serait un grand plaisir !”

Lionel Mpasi-Nzau (Rodez) : “Représenter la patrie ? Ce serait un grand plaisir !”

@ 20 Jan 21 9101

Formé au PSG, Lionel Mpasi-Nzau a un parcours singulier. A 26 ans, le gardien de Rodez a connu des embûches, parfois bien loin du monde professionnel. Désormais titulaire avec son club, il ne compte pas lâcher sa place. Et nourrit même des ambitions internationales… Entretien.

Bonjour Lionel ! Tout d’abord, comment te portes-tu, ainsi que ta famille, en cette période délicate ?

Grâce à Dieu tout va bien, la famille est en bonne santé, tout le monde est en forme. Et moi aussi ! 

Tu viens d’enchaîner quatre matchs comme titulaire avec Rodez, alors que tu as démarré la saison comme numéro 2. T’attendais tu à recevoir ta chance à ce stade de la saison ?

Photo : LesViolets.com

En effet, je commence à enchaîner depuis le match du Havre. Je me préparais toutes les semaines à pouvoir jouer. Cela ne s’est pas fait en début de saison mais je gardais la foi, et je continuais à travailler dur à l’entraînement. Et je me disais que vu les résultats du club, ça devenait de plus en plus possible, oui.

Depuis que tu es titulaire, vous n’avez pas perdu. Mais Rodez est toujours 18ème… votre objectif reste le maintien ?

C’est vrai, je sais pas si c’est un signe, mais depuis le match du Havre on a fait trois matchs nuls, et on a décroché une victoire contre Pau. Je sens que le groupe est très fort mentalement, car on arrive à rester et à revenir dans un match, alors qu’avant, on se faisait souvent rattraper au score si on menait. Quant à l’objectif, c’est la 14ème place, comme nous l’a fixé le président du club en début de saison.

Ça fait désormais 5 que tu es au club, avec lequel tu as connu le National 3 ! 

Je suis arrivé quand on jouait en CFA, et j’ai eu pas mal de complications depuis mon arrivée. Je m’étais notamment fracturé le tibia dès ma première année, et je me suis également cassé un tendon du doigt. Rien n’a été évident… Mais on a toujours eu une force de groupe incroyable, et c’est ce qui m’a fait tenir. Ce n’est pas simple tous les jours quand tu fais quatre ans dans un club et que tu restes numéro deux, mais bon avec le groupe qu’on a, les gens autour, le staff etc… c’est beaucoup plus facile.

On est monté en National dès ma première année, et on a obtenu le ticket pour Ligue 2 au bout de ma troisième année, après l’avoir manqué de peu la saison précédente. Donc j’ai toujours vécu de bons moments. Quand tu as l’habitude de gagner des matchs, tu vis un peu mieux le fait d’être sur le banc.

Tu es né en région parisienne, formé au PSG… peux-tu nous détailler ton parcours ?

Photo : leballonrond.fr

Exactement, je suis né à Meaux, dans le 77, ou j’ai toujours vécu. J’ai commencé à l’US Torcy à 6 ans, et j’y ai été repéré par le PSG. Ils m’ont observé toute une année, et j’ai rejoint le club quand j’avais 15 ans. J’ai passé 3 ans au centre de formation, jusqu’en CFA, et j’ai pu connaître des sélections en équipe de France de jeunes. Je ne remercierai jamais assez le PSG pour tout ce que le club m’a apporté. Car pour tout jeune parisien, c’est un rêve d’intégrer le centre. 

Après ma formation, il y avait une grosse concurrence à Paris. J’étais barré par Alphonse Areola et Mike Maignan, donc j’ai rejoint Toulouse, initialement pour un contrat stagiaire de deux ans. On a réussi à faire un gros parcours en Coupe Gambardella !

Et à Toulouse, tu signes ton premier contrat pro ! 

Forum.tfc.net

Oui, j’avais signé pour un an. Mais là-bas, je ne faisais pas partie du groupe à part entière, j’ai plus joué avec la réserve qu’autre chose. Et quand mon contrat s’est terminé, je n’ai pas réussi à trouver de club, et j’ai passé un an au chômage avant d’atterrir à Rodez.

En atterrissant là-bas, je n’aurais jamais imaginé retrouver le monde pro un jour. Et ça, je le dois à Rodez qui m’a sorti de la galère dans laquelle j’étais, sans club, en me faisant confiance. Monter en Ligue 2, c’était incroyable… je ne m’y attendais pas du tout.

A 26 ans, quels sont tes objectifs personnels, à moyen et long terme, pour la suite de ta carrière ?

J’espère avoir le plus de temps de jeu possible, d’ici la fin de la saison et atteindre l’objectif que le président nous a fixés. Le but est de pérénniser le club en Ligue 2, car on s’est beaucoup battus pour monter. Et après pourquoi pas aller viser plus haut ! Les gardiens de but arrivent à maturité assez tard, donc j’ai encore de belles années devant moi.

Comment définirais-tu ton style de gardien ?

Assez tonique. J’aime beaucoup sortir et jouer haut, pareil dans l’anticipation. Et je suis assez à l’aise au niveau du jeu au pied.

Quel est ton modèle à ton poste ?

Actuellement, Ter Stegen. J’aime aussi beaucoup Keylor Navas. J’apprécie également les profils de Mike (Maignan) et Alphonse (Areola) que j’ai côtoyé mais si je dois en citer un, c’est Ter Stegen.

Sinon, ton patronyme trahit tes origines congolaises ! Quels liens as-tu avec la RDC ?

Mes deux parents sont de la RDC, et j’ai encore de la famille au pays. Du côté de ma mère, j’ai mon grand-père, mes soeurs… Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y aller, mais j’aimerais tellement. D’ailleurs, on doit s’organiser un voyage à Kin l’été prochain, si tout se passe comme prévu.

Tu suis un peu la sélection ?

Oui, beaucoup même, et par vous d’ailleurs, Léopardsfoot ! Avec mon père, on regardait beaucoup les matchs ensemble. Quand j’étais petit, j’étais allé voir un match amical contre la Tunisie au stade Charléty (en novembre 2005, 2-2 ndlr) et j’ai pas mal de potes qui jouent en sélection donc je leur donne de la force. Je connais Marcel Tisserand, Neeskens Kebano, Jordan Ikoko… 

As-tu déjà pensé à devenir Léopard un jour ?

Bien sûr, j’y pense beaucoup même ! Surtout quand je vois la sélection qui, d’année en année, a une équipe de plus en plus compétitive, ça donne envie. Ce serait un grand plaisir de pouvoir représenter la patrie.

Et si demain tu venais à être appelé… honorerais-tu ta convocation ?

Je l’honorerais avec un grand plaisir et une grande fierté. Je pense que toute ma famille serait très fière de moi, surtout mes parents. Donc sans hésiter ! 

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Merci à vous d’avoir pris le temps de me contacter. 
Encore plus de matchs en 2021, plus de victoires, beaucoup de clean sheets, et on verra de quoi sera fait demain. Peut-être la sélection, qui sait ! 

Pour finir, aurais-tu un message à transmettre aux supporters congolais, qui viennent de te connaître grâce à cette interview ?

Ba Congolais , to continuer ko soutenir ba léopards ebele, na sepeli makasi ko sala interview wana na Léopardsfoot po bo yeba ngai soki bo yebaki ngai te avant.