Léopards dames : sans contrat, Mihayo face aux mêmes maux

Par Darius Tshibangu
125 Vues

La lourde défaite contre la Côte d’Ivoire (1-4), vendredi à Lubumbashi, a remis en lumière un problème qui dépasse le terrain.  Nommé en octobre 2025, Pamphile Mihayo a révélé qu’il ne disposait pas de contrat avec les Léopards dames. Une situation qui rappelle le précédent Papy Kimoto et interroge sur la gestion de cette sélection nationale.

Le score est lourd, mais le mal semble plus profond. Battues 4-1 par la Côte d’Ivoire au stade TP Mazembe, les Léopards dames ont sérieusement compromis leurs chances de qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. En conférence de presse d’après-match, les déclarations de Pamphile Mihayo ont surtout remis en lumière les difficultés qui entourent la gestion de la sélection féminine congolaise.

Le technicien de 50 ans a été clair : il n’a pas de contrat. Nommé en octobre 2025, l’ancien défenseur du TP Mazembe explique être venu donner un coup de main à l’équipe nationale dans sa quête de qualification olympique. Une déclaration qui soulève une question essentielle : comment exiger des résultats d’une sélection sans garantir au préalable un cadre de travail clairement établi à son entraîneur ?

Cette situation rappelle celle de Papy Kimoto, appelé à la tête des Léopards dames en novembre 2023, quelques jours seulement avant la double confrontation contre la Guinée équatoriale, décisive pour la qualification à la CAN féminine 2024.

Dans un contexte de préparation express, l’ancien international congolais avait réussi son pari. Les Congolaises avaient obtenu leur billet pour la phase finale au Maroc après un match nul (1-1) à l’aller, puis une victoire (2-1) au retour, à Kinshasa.

Mais cette mission accomplie n’avait pas débouché sur une collaboration durable avec le technicien. L’absence de contrat avait alors constitué un obstacle à la poursuite de son aventure à la tête de la sélection. La FECOFA, dirigée à l’époque par le Comité de normalisation, s’était ensuite tournée vers le Franco-Camerounais Hervé Happy. Les attentes suscitées par la qualification n’avaient finalement pas été confirmées lors de la CAN, où les Léopards dames avaient été éliminées dès la phase de groupes.

Trois ans plus tard, le dossier Mihayo donne une impression de déjà-vu : un entraîneur appelé à la rescousse, une mission à remplir et un cadre contractuel qui ne semble toujours pas clairement établi. Le problème ne se limite donc pas au choix du sélectionneur. Il concerne aussi la manière dont la fédération organise et accompagne le travail de son staff.

Le contexte de la défaite contre les Éléphantes ajoute une autre dimension au débat. Adjoint de Sébastien Desabre chez les Léopards seniors masculins, Mihayo a également été mobilisé pendant la trêve internationale de septembre-octobre. Il n’est arrivé à Lubumbashi que quelques jours avant la rencontre face à la Côte d’Ivoire.

Le sélectionneur a également indiqué qu’il n’était pas à l’origine de la sélection des joueuses. Il n’a toutefois pas voulu faire de ces circonstances une excuse après la débâcle. À cette préparation tardive s’est ajoutée l’absence de plusieurs éléments, dont Merveille Kanjinga, forfait sur blessure.

Ces circonstances ne suffisent pas à expliquer à elles seules les quatre buts encaissés par les Congolaises, dominées par des Ivoiriennes plus efficaces. Elles posent néanmoins la question des conditions dans lesquelles Mihayo a été appelé à préparer un rendez-vous aussi important. Comment construire une équipe compétitive lorsque le temps de préparation est réduit, que des cadres manquent et que les responsabilités ne semblent pas clairement définies ?

La défaite face à la Côte d’Ivoire ne doit pas masquer l’essentiel. Les Léopards dames ne peuvent pas être considérées comme une sélection que l’on sollicite ponctuellement, au gré des urgences, sans assurer au staff technique la stabilité nécessaire à son travail.

L’absence de contrat annoncée par Mihayo appelle des explications de la FECOFA. Quel est le mandat exact du sélectionneur ? Quels objectifs lui ont été assignés ? Quels moyens lui sont accordés pour préparer les échéances internationales ? Et quelle place la sélection féminine occupe-t-elle réellement dans les priorités de la fédération ?

La qualification olympique reste à jouer, mais la RDC devra réaliser un véritable exploit lors du retour à Abidjan. Pour espérer renverser la situation, il faudra corriger les erreurs sur le terrain. En dehors de celui-ci, il devient tout aussi urgent de clarifier les responsabilités et d’offrir aux Léopards dames un fonctionnement à la hauteur des ambitions affichées.

De Papy Kimoto à Pamphile Mihayo, le même doute persiste : qui donne réellement aux Léopards dames les moyens de leurs ambitions ?

Articles liés

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00