Manassé Tshombe: « mon objectif est de monter une sélection congolaise en Île de France….. »
Le 13 juillet dernier, la RDC écrasait la France (6-0) en finale de la Barrio Nation cup, un tournoi regroupant des jeunes de différentes nationalités issus du quatorzième arrondissement de Paris.
Suite à cette performance, la rédaction Leopardsfoot est allée à la rencontre de l’entraîneur des Léopards de quartiers, Manassé Tshombe. Il nous a parlé de son parcours, de son expérience et de l’organisation de l’équipe congolaise durant ce tournoi.
Bonjour Manassé! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer. Je m’appelle Manassé Tsombe. Je réside à Paris depuis mon enfance. J’ai été joueur de football. Je suis de la génération 89. J’ai connu un passage au PSG où j’avais notamment croisé Youssouf Mulumbu et Larrys Mabiala. Actuellement je travaille en tant que consultant.
La RDC a participé à la Barrio Nation Cup.Quels sont les objectifs ce tournoi ?
La Barrio Nation Cup a pour objectif de rassembler les communautés autour d’un tournoi structuré afin de présenter du spectacle.
En tant qu’entraîneur, quels ont été vos objectifs lors ce tournoi?
De base, je ne m’étais pas inscrit à ce tournoi en tant que coach. Pour la petite histoire marrante, j’avais appris qu’il y avait une équipe congolaise qui y participait. Mais je ne connaissais personne de l’effectif, à part un ou deux joueurs. Je suis donc allé voir le troisième match des poules que le Congo a d’ailleurs perdu. Ce n’était pas une surprise pour moi car on ne pratiquait pas un bon jeu. L’élimination était justifiée. Finalement, nous avions été repêché en tant que meilleur troisième. J’ai reçu plein de messages et c’est de là que je me suis dit que je devais reprendre l’équipe. J’ai restructuré l’équipe et j’ai intégré deux joueurs à l’effectif.
Mon objectif était clair. Remporter la Coupe ou rien. C’est le message que je pense avoir réussi à faire passer aux joueurs. Je le faisais durant la causerie d’avant match, pendant l’échauffement et pendant le match.
Quels ont été les critères de sélection lors de la formation des équipes?
C’est simple. Nous devions avoir sept joueurs minimum issus du quatorzième arrondissement de Paris. On avait le droit d’intégrer trois joueurs venant d’autres arrondissements.
Comment s’est passée l’organisation. Ça été facile de rassembler les jeunes d’origine congolaise?
Honnêtement, au départ je n’étais pas présent donc je sais pas comment ça s’est passé pour le rassemblement des joueurs. Concernant les joueurs que j’ai intégrés, ça été facile de les convaincre. On a également cet avantage d’être en majorité du quatorzième arrondissement, generalment on se connaît plus ou moins.
Quels sentiments aviez-vous ressenti après avoir remporté ce tournoi?
C’était un réel sentiment de fierté parce qu’on partait de loin. Pour nous, c’était plus qu’un tournoi de quartier. En tant que Congolais, on ne pouvait pas tolérer de finir troisième d’une telle compétition. On s’appelle le Congo, on se doit d’être premier en tout. C’est notre état d’esprit.
Pour ma part, j’étais fier de voir tous les jeunes célébrer la victoire de notre pays.
Comment ce tournoi a-t-il été perçu dans le quatorzième arrondissement ?
Vu les échos sur les réseaux sociaux et le passage sur CANAL +, cela a impressionné pas mal des gens. Déjà au niveau de l’organisation et de la structure on a reçu des très bons retours et je pense que la Barrio Nation Cup 2021 sera encore plus puissante que celle-ci.
https://www.instagram.com/tv/CCvt_V-osZF/?igshid=pxrq40tdjk3u
Avez-vous des projets particuliers concernant votre équipe?
La plupart des gens m’envoient des messages m’encouragent à passer mes diplômes d’entraîneur . J’avais déjà entraîné une équipe lors d’un tournoi que nous avions également gagné. Mais pour le moment rien est encore acté. Cependant, mon objectif est de monter et de structurer une sélection congolaise en Île de France cette année ( niveau amateur -semi pro) qui pourra jouer contre d’autres nations. Le but de cette sélection sera également de relancer des joueurs qui n’ont plus des contrats en leur permettant de gagner en visibilité, de se maintenir en forme afin de trouver un club, et pourquoi pas d’intégrer un jour l’équipe nationale ?
Co-meilleur buteur de Linafoot avec 23 buts, Vinny Bongonga est la plus fine gâchette du championnat national, avec Jackson Muleka. Moins médiatisé que l’attaquant de Mazembe, le joueur du DCMP mérite pourtant toute notre attention.
Parcours
Né à Kinshasa il y a 24 ans, le jeune Vinny grandit dans la commune de Masina. Tapant très tôt dans la balle, il déploie son talent dans plusieurs clubs de la capitale. Après avoir débuté à la JAC Trésor, il évolue à la JAC Héritage, puis rejoint la Jeunesse sportive de Kinshasa (EPFKIN). Par la suite, il poursuit sa progression à l’AC Rangers et au SC Arc-en-ciel avant d’affûter ses armes de l’autre côté du fleuve, aux Léopards de Dolisie.
Après avoir déployé ses talents de buteur au Congo-Brazzaville, le DCMP rapatrie l’attaquant en 2017. Il est d’abord dans l’ombre de la TKM (Tulenge Kazadi Mundele) mais rentabilise efficacement le temps de jeu accordé par Otis Ngoma. Après avoir attendu patiemment son heure et travaillé dur, il s’installe en tant que titulaire courant 2018, suite au départ progressif des trois attaquants en place. Et depuis qu’il a gagné sa place, il ne s’arrête plus de marquer ! Son transfert avorté au Liaoning Whowin (Chine) à l’été 2019 ne l’a nullement perturbé. Au contraire, il a confirmé son statut d’artificier en chef des Imaniens.
Son style : « Benzema » ?
Si vous interrogez les fans du Daring, il n’y a aucun doute : Bongonga, c’est le Benzema congolais ! Et toutes proportions gardées, le style de Vinny peut faire penser à celui du buteur madrilène. Attaquant complet, doué techniquement, bon de la tête et des deux pieds, il est animé par un sens inné du but, et une spontanéité dans les derniers mètres et ses déplacements. Buteur redoutable, il sait aussi faire jouer ses partenaires, et se muer en passeur décisif. En bref, le profil type de l’attaquant moderne.
Bientôt l’Europe ?
L’été dernier, Vinny Bongonga devait quitter le continent africain. Pas pour rejoindre l’Europe, mais le Liaoning Whowhin (D1 chinoise) qui avait été séduit par ses performances. Le joueur y voyait là un possible tremplin pour rallier l’Europe. Malheureusement, des problèmes administratifs ont avorté le transfert.
Aujourd’hui, Bongonga a gardé la cote dans l’empire du Milieu, mais il serait également suivi par des clubs israéliens, croates, et belges. Affaire à suivre…
Le sujet des binationaux nourrit espoirs et débats chez les supporters congolais. Il faut dire qu’ils n’ont jamais été aussi nombreux en Europe, et que leur talent apporterait une impulsion considérable à l’équipe nationale. Dans un premier temps, concentrons nous sur ceux qui ont déjà manifesté leur envie de venir ! Voici un petit récap’.
Ils veulent venir
Gédéon Kalulu (22 ans, Ajaccio)
Dans une interview, puis un live avec notre rédaction, le latéral d’Ajaccio nous a annoncé son désir de représenter la RDC. Et il l’a bien précisé au cours du live : ça ne sera pas un choix par défaut. Élu meilleur latéral droit de Ligue 2 par BeIn Sports en mai dernier, le joueur formé à Lyon a malheureusement raté la montée sur le fil avec le club corse. Mais suivi en Ligue 1 depuis la saison dernière, il ne devrait pas faire de vieux os en D2 s’il réédite ses performances…
Le poste d’arrière-droit étant friable en sélection, Kalulu pourrait rendre de fiers services, même à court-terme. Comme tout binational, il aura peut-être besoin d’une phase d’adaptation en équipe nationale, mais sa rigueur défensive et ses qualités techniques (sa passe dé en coup du foulard contre Béziers l’a encore prouvé) pourraient faire un grand bien à l’arrière-garde congolaise. Espérons que son dossier soit régularisé au plus vite.
Streli Mamba (26 ans, Paderborn)
Un beau parcours du combattant. L’attaquant germano-congolais, qui avait fait un bond de deux divisions, a plutôt réussi sa première saison en Bundesliga cette saison. Du moins individuellement. Car son club Paderborn, bon dernier, va retourner en D2 juste après avoir goûté à l’élite. Mais avec six buts, deux passes décisives, et de belles promesses dans le jeu, le natif de Göppingen n’a pas à rougir de sa saison. Suivi par plusieurs écuries en Bundesliga et ailleurs, il pourrait prendre la tangente dès cet été.
Concernant l’équipe nationale, le joueur a confirmé à notre rédaction qu’il était en contact régulier avec le staff technique, et qu’il était prêt à représenter son pays. Sa vitesse, sa hargne et sa percussion pourraient aider à dynamiser l’attaque des Léopards. Pas forcément dans un rôle de titulaire dans un premier temps, car son style est assez similaire à celui de Bakambu. Mais il pourrait être un bon attaquant de complément.
Stone Mambo (21 ans, Troyes)
Avec 16 matchs disputés cette saison avec Troyes, le défenseur polyvalent de 21 ans a gagné sa place de titulaire pour sa deuxième saison en pro. Trimbalé à tous les postes de la défense (et une fois comme milieu défensif) le natif de Kinshasa a montré de belles promesses dans le jeu, qui laissent dévoiler un potentiel intéressant. Quatrième de Ligue 2 avec son club formateur, lui aussi a été victime de l’arrêt prématuré du championnat. Mais sa progression devra être suivie avec attention la saison prochaine.
Contacté par le staff dans l’optique du tournoi de Toulon, qui a été reporté, il avait accepté l’invitation. Si tout se déroule comme prévu, le jeune défenseur devrait bientôt faire ses débuts avec les Léopardeaux.
Isaac Mbenza (24 ans, Huddersfield)
Prêté cette saison à Amiens, Isaac Mbenza n’a pas eu le temps de se relancer, avant l’arrêt de la saison, et la relégation prématurée des Picards. Il devrait donc revenir provisoirement à Huddersfield, ou il est dans une situation compliquée, avant de changer d’air. Malgré ce passage à vide, Mbenza reste un ailier talentueux et percutant, capable d’être décisif, comme il l’a montré à Montpellier au cours de la saison 17/18 (8 buts en 37 matchs).
Interrogé sur la sélection au cours d’un live avec notre rédaction, l’ancien international espoirs belge a ouvert la porte à la RDC. A condition, toutefois, qu’on lui présente un projet dans lequel on compte sur lui. Il n’a, pour l’heure, pas été contacté par la sélection. Et au vu de sa situation actuelle, cela ne devrait pas arriver dans un futur immédiat. Mais s’il retrouve un club dans lequel il s’épanouit, pourquoi pas ?
Simon Banza (24 ans, Lens)
Avec sept buts marqués et quatre passes décisives délivrées en Ligue 2 la saison dernière, Simon Banza a contribué à la promotion du RC Lens. Et désormais, c’est les filets de Ligue 1 que l’attaquant des Sang-et-or devra faire trembler. Il a récemment prolongé jusqu’en 2023 avec le Racing, preuve que son club formateur compte sur lui.
Interrogé au sujet de la sélection par BeIn Sports, le natif de Creil s’était montré ouvert à l’idée. « J’ai déjà eu quelques contacts. Je sais que je suis suivi car j’ai plusieurs amis au sein de la sélection qui m’en ont parlé. Il faut que j’y réfléchisse avec ma famille mais pourquoi pas ! ». Attaquant travailleur au style spontané, il possède une marge de progression intéressante. S’il parvient à s’imposer en Ligue 1, nul doute que la sélection viendra à lui.
Ils pourraient être intéressés
Transféré cet été de Nimègue à Monaco, Anthony Musaba (19 ans) est un talent à suivre. Ayant grandi aux Pays-Bas, mais jamais sélectionné par les espoirs Oranje, il pourrait se laisser tenter par la RDC, tout comme David Kinsombi (24 ans). Plus appelé depuis les U18 avec l’Allemagne, le milieu de Hambourg représente une piste à la fois abordable et intéressante. Malheureusement, il a loupé sur le fil la montée en Bundesliga, contrairement à Reinhold Yabo, qui la découvrira pour la première fois avec l’Arminia Bielefeld, à 28 ans. Titulaire indiscutable avec les Blauen, il pourrait se montrer réceptif à l’intérêt de son pays d’origine.
Enfin, Grady Diangana et Stephy Mavididi pourraient être les deux principaux atouts à viser pour la saison à venir. Tous deux dotés d’un gros potentiel, l’ailier de West Ham (21 ans) et celui de Montpellier (22 ans) ont été contactés par le staff technique pour le tournoi de Toulon, et s’étaient montrés ouverts à la sélection. Vu la concurrence à leur poste en équipe d’Angleterre, la RDC a clairement sa carte à jouer dans ces dossiers. Affaire à suivre…








