Le football des clubs kinois ne guérit toujours pas du mal qui le ronge depuis la nuit des temps. La crise de leadership est devenue la maladie incurable des grandes formations de l’histoire du football congolais basées dans la capitale politique, siège des institutions.
À quatre jours de la reprise du championnat national (Illicocash Ligue 1), une crise administrative perdure depuis plusieurs mois au sein de l’AS Vita Club de Kinshasa. Les Moscovites font face à une guerre de légitimité opposant le président par intérim, Flory Mapamboli, à Sylvestre Makambo. Ce dernier a été investi le 18 septembre 2026 par le comité de sages de la « Team Vert et Noir » de la capitale.
Alors que la formation v.clubienne, dirigée jusqu’à présent par Flory Mapamboli et reconnue administrativement par les institutions officielles, poursuit ses préparatifs au stade Tata Raphaël dans la commune de Kalamu en vue de l’entame du championnat, une autre entité a vu le jour au stade des Martyrs sous la même appellation de l’AS Vita Club. Un scénario tristement familier dans les annales du football kinois “Vita Club a connu des problèmes,mais mais jamais Vita club n’a été divisé. Aujourd’hui, il existe deux vita clubs” a martelé un fervent supporter du club.
Un air de déjà-vu dans le football kinois
Ce type de schisme replonge les observateurs dans les pires heures de convulsions institutionnelles de la capitale.
Le 16 juin 2014 naissait le CS Imana, ancêtre du Football Club Renaissance du Congo, fondé le 19 juillet 2014. À l’origine, un conflit interne au Daring Club Motema Pembe (DCMP), marqué par de profondes divergences, des crises de gouvernance et des luttes d’egos, avait poussé le trio Pascal Mukuna, Roger Nsingi et Antoine Musanganya à créer une nouvelle structure.
L’histoire ne s’est malheureusement pas arrêtée là. Le 27 juillet 2023, une nouvelle crise de leadership a provoqué une scission au sein même du FC Renaissance du Congo. Dès le mois d’août de la même année, l’Olympique Club Renaissance du Congo voyait le jour auprès de la FECOFA. La direction légitimement élue avait alors entrepris de changer l’identité du club en formule « omnisport » pour répondre aux exigences de la CAF et s’affranchir de la gestion de l’évêque Pascal Mukuna une décision loin de faire l’unanimité. Écarté de la gestion du club orange, ce dernier s’est associé à d’autres personnalités pour maintenir une structure concurrente, consacrant la coexistence de deux entités rivales.
Arrêter l’hémorragie avant le pire
Face à cette escalade menaçant l’intégrité de l’AS Vita Club, le ministère des Sports et Loisirs a pris les choses en main. Une réunion d’urgence a été convoquée ce samedi 17 octobre 2026 à 14 heures, dans son cabinet de travail, entre les membres du Comité des sages et ceux du Comité de coordination.
Cette concertation se tient en présence du Secrétaire général aux Sports et Loisirs, d’après une notification officielle signée par Monsieur Kasongo Magloire wa Nkenda, Directeur de cabinet du ministre. Si l’ordre du jour exact n’a pas filtré, l’opinion sportive kinoise retient son souffle. Tout l’enjeu est de trouver un compromis à l’amiable pour éviter aux Bana Mbongo une scission définitive et la naissance cauchemardesque d’une équipe « AS Vita Club bis ».
Le Ministère de sports à la rescousse
Dans une correspondance officielle datée du 19 octobre 2026, le ministre des Sports et Loisirs de la RDC, Didier Budimbu, a officiellement demandé à la LINAFOOT de reporter les deux premières rencontres de l’AS Vita Club en championnat national de football d’élite en RDC.
Cette décision fait suite à la crise interne du leadership et aux fortes tensions qui secouent actuellement le club kinois. Le ministère de sports a justifié cette procédure exceptionnelle par des raisons sécuritaires et par la volonté d’accorder le temps voulus aux différentes composantes du club pour résoudre leurs différends.
Le championnat national reprend ce mardi 20 octobre 2026 et pour le moment, il pourra se faire sans la présence de l’un de plus grand club de l’histoire du football congolais.



