Mbokani à la CAN : bonne ou mauvaise idée ?

Mbokani à la CAN : bonne ou mauvaise idée ?

@ 13 Mai 19 815

Rarement, voire jamais dans l’histoire de la sélection, un joueur n’aura connu une carrière aussi tumultueuse. Pour la quatrième fois de sa carrière, Dieumerci Mbokani se trouve aux portes d’un retour avec les léopards après les avoir claquées. Adulé et détesté, héros et bouc émissaire, volontaire et nonchalant, talentueux mais décrié… l’attaquant aux 18 buts avec la RDC incarne, à lui seul, une multitude de paradoxes. Mais totalement relancé avec l’Antwerp cette saison, “Dieu” est rappelé à la rescousse par Florent Ibenge pour le match décisif face au Liberia, deux ans après sa dernière apparition. Un problème au ménisque l’empêchera finalement d’honorer une 41ème cape qu’il comptait bel et bien matérialiser. Désormais, une interrogation s’impose : doit-il participer à ce qui serait sans aucun doute sa dernière CAN ? 

Une saison aboutie en Belgique

Dieumerci Mbokani réalise une saison pleine avec l’Antwerp.
  • Mbokani a plutôt réussi son retour dans le plat pays, sept ans après l’avoir quitté. Auteur de 10 buts et 9 passes décisives en 30 matchs de championnat (Play-Offs compris), il est loin d’être étranger à la belle saison réalisée par l’Antwerp. Directement impliqué dans 48% des buts de son équipe, c’est un pion essentiel pour László Bölöni, qui l’avait déjà eu sous ordres au Standard Liège dix ans auparavant. Après Britt Assombalonga, l’ancien transfuge d’Anderlecht est actuellement le deuxième meilleur buteur congolais en Europe cette saison.

Un style de jeu qui a évolué

  • Cependant, le poids de l’âge, qui se ressentait déjà sur le joueur il y a deux ans, n’a pas diminué. L’ancien de Mazembe apparaît plus lourd, moins mobile et vif qu’avant. Sa maladresse à la finition s’est accentuée et il se révèle plus enclin aux blessures. Mais, comme le bon vin, Mbokani a aussi su se bonifier avec le poids des années. Chez l’actuel troisième de Pro League, il s’est reconverti en véritable pivot, ce qui explique le nombre de passes décisives délivrées. Les constructions offensives de l’Antwerp s’appuient beaucoup sur son jeu en déviation et sa capacité à jouer dos au but. Là où il s’illustrait par sa précipitation dans les 16 mètres, son calme représente aujourd’hui un de ses principaux atouts. Aguerries par l’expérience, sa science du placement et sa vision du jeu se sont développées.

Quid de la CAN ?

  • Mbokani présente indéniablement des arguments pour être rappelé. Son expérience des tournois continentaux (il disputerait sa quatrième CAN) ne serait pas négligeable. Néanmoins, certains pointeront – avec raison – son irrégularité au cours de ceux-ci. Il est capable de passer du meilleur au pire d’un match à l’autre, et inversement. Si, comme en 2017, il réalise une CAN blanche avec plusieurs ratés à la clé, il quitterait les léopards sur une mauvaise note, et pourrait redevenir la scapegoat des supporters, qui lui reprochaient même d’avoir “volé” la place de Cédric Bakambu. Toutefois, le contexte de 2017  était totalement différent. Alors englué dans le bas de tableau de Premier League avec Hull City, il traversait une crise de confiance personnelle (aucun but en championnat) et vivait une saison pénible, hachée par les blessures.                                                                                                                       
  • Désormais, alors qu’il est efficace dans son nouveau registre, Mbokani bénéficie de vents plus favorables pour apporter son talent aux léopards, et finir en beauté une carrière internationale entamée en 2004. Pas forcément dans un rôle de titulaire comme auparavant, mais son jeu en déviation et sa capacité à libérer des espaces pourraient être très utiles en fin de match par exemple. De plus, seul Cédric Bakambu semble désormais intouchable en attaque. Britt Assombalonga pourrait être récompensé de sa bonne saison et Jackson Muleka pourrait éventuellement créer la surprise dans la liste finale. Mais ni Jonathan Bolingi (2 buts au compteur avec Antwerp) ni Benik Afobe (7 buts en 43 matchs avec Stoke, et très décevant avec l’équipe nationale) ne font office de concurrents solides pour stimuler l’ancien goleador de Villarreal. Au vu de son rendu en club cette saison et de ses fiers services rendus à la RDC, Mbokani prétend légitimement à un retour. Ayant laissé les léopards sur l’amère défaite en quarts de finale contre le Ghana (1-2), l’attaquant est certainement animé par un désir de revanche, tout en sachant que nul n’est prophète en son pays…

 

Dieumerci Mbokani devrait-il être rappelé pour la CAN ?

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