Denis Kambayi fait le bilan de ses six premiers mois

Denis Kambayi fait le bilan de ses six premiers mois

@ 08 Avr 16 222

Il se savait attendu au tournant par la presse et par l’opinion sportive. Serait-il ministre de football, ministre en faveur de l’AS V. Club ou un homme d’Etat ? Sa nomination avait suscité aussi bien de l’admiration que de la suspicion. Six mois après, Son Excellence Denis Kambayi est-il en train de convaincre ? Ses actes à la tête du Ministère de la Jeunesse, des Sports et Loisirs ont-ils confirmé le soutien de ses proches et convaincu les sceptiques ? Les trois secteurs que couvre son ministère ont-ils avancé sous son leadership ?

Nul autre que lui-même ne pouvait être mieux qualifié et outillé pour présenter le bilan de six mois de sa gestion de ce ministère à la mission non moins importante. C’est ainsi que Son Excellence Denis Kambayi, accompagné de ses collaborateurs dans le but bien mesuré de prouver qu’il travaille pour et avec les autres,  s’est livré à cet exercice de redevabilité devant la nation par la conférence de presse qu’il a tenue en fin de la matinée du 1er avril, dans la salle Mgr Christophe Munzihirwa, du Centre Culturel Boboto, à Gombe.

Sous la modération d’un de ses conseillers, Willy Kande, Son Excellence Kambayi a, près d’une heure et demie, fait part à la presse de sa propre évaluation en partant des actes posés ou des projets retenus après la prise de connaissance de l’étendue de la mission de son ministère. Il s’est appesanti sur des points essentiels qui ont vraiment émergé comme résultats de son engagement, en prenant, bien entendu, soin de couvrir tous les secteurs. Ainsi tour à tour, Denis Kambayi a parlé de la politique nationale de la jeunesse, de la 12ème Réunion du Bureau de la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (Confejes), de la loi sportive, des succès récoltés par la RDC avec sa sélection et le TP Mazembe. D’autres sujets qui ont intéressé la presse mais non évoqués dans le discours introductif du Ministre ont été soulevés à l’étape de questions-réponses. Il s’agit entre autres des infrastructures sportives telles que les stades municipaux, de la prise en charge d’autres disciplines sportives par le trésor public, de la disqualification des sélections d’âge aux compétitions de la CAF, des relations avec la presse.

Le secteur de la jeunesse fera très prochainement l’objet d’une attention soutenue du Ministre, par l’organisation des Etats-généraux, à l’exemple des assises similaires organisées pour les sports, durant la première décennie, sous le leadership de l’ancien Ministre Willy Bakonga, a annoncé Denis Kambayi. Cette projection résulte de la situation observée et rencontrée quant à la question de la coordination de la jeunesse minée par des conflits. Ce sombre tableau que le patron de la jeunesse a livré à la presse comme élément de son travail de fond sur la maîtrise de ce secteur devra être effacé pour laisser place à une autre figure de la coordination de la jeunesse. Le Ministre et son cabinet ont pénétré l’esprit et la lettre du document stratégique « Politique Nationale de la Jeunesse » élaboré, il y a près de six ans. C’est en se fondant sur ce dernier que le Ministère compte passer à l’étape suivante de la mise en œuvre de la politique. Le Ministre s’est déclaré réconforté par l’existence du Conseil National de la Jeunesse comme institution d’appui aux questions de la jeunesse.

L’engagement du Ministère en faveur de la jeunesse est aussi démontré à travers la participation effective de la RDC à la dernière session du Bureau de la Confejes tenue à Bamako, au Mali. Il y a lieu de rappeler que la RDC occupe la présidence de cette plateforme depuis la 36è session de Kinshasa. A ce titre, Denis Kambayi a pris une part active à la réunion susmentionnée comme Ministre des Ministres de la jeunesse et des Sports des pays francophones. La Confejes a pris 37 résolutions sous la campagne « Libres ensemble ». Il va sans dire que s’il a retenu la participation à la Confejes comme élément probant de son bilan, Son Excellence Kambayi a pris toute la mesure de la signification de la présence de la RDC à cette réunion et ses retombées applicables pour son pays. « C’est en étant au Mali que j’ai compris la signification de la paix », a-t-il souligné. Le Ministre a beaucoup insisté sur l’importance de la Confejes et la richesse qu’elle renferme dont bénéficiera la RDC.

Outre la jeunesse, Denis Kambayi a aussi largement parlé du sport au cours de sa conférence de presse, en revenant sur les victoires remportées par la sélection au CHAN Rwanda 2016 et aux titres du TP Mazembe notamment la Ligue de champions 2015 et la supercoupe de la CAF 2016. Le Ministre est même allé dans les détails pour montrer combien il s’est impliqué pour que la RDC continue d’inscrire son nom dans les annales de la CAF. Son Excellence Kambayi n’a pas manqué de souligner la double victoire de la RDC face à l’Angola, aux éliminatoires CAN Gabon 2017.

La loi sportive à laquelle il a participé comme député national durant la législation 2006-2011 sert de boussole pour la définition de certains principes directeurs en matière de sport. Une des mesures prises en se fondant sur ce document de haute portée pour le sport congolais est le civisme sportif. Le Ministre a profité de la circonstance pour en appeler au respect des infrastructures sportives, à l’acceptation des résultats et à l’expression saine de la désapprobation d’une décision arbitrale. « Je préférerai que quelqu’un déchire sa propre chemise pour extirper sa colère plutôt que de détruire ce que nous avons difficilement construit », a dit Kambayi. Il a annoncé que certains présumés coupables sont à la prison centrale de Makala, en attendant leur jugement pour destruction méchante des biens publics.  Ce travail de changement d’attitudes déjà en application se renforce au vu des comportements délictueux constatés encore dans nos stades. Sa réussite exige la participation de toutes les parties concernées dont la presse pour la sensibilisation.

Si tel est en substance l’essentiel de son bilan, Denis Kambayi qui a conscience de n’avoir pas tout dit ou tout accompli, a néanmoins eu l’occasion de s’étendre longuement sur les autres sujets soulevés par la presse. Il a souligné la discussion qui se poursuit au sein du gouvernement sur les infrastructures sportives, principalement la gestion des stades municipaux de Kinshasa en construction. Il a promis de prendre des amples renseignements sur les bâtiments de l’Etat qui ont abrité le Comité Olympique Congolais et la Fédération Congolaise de Football Association.

Denis Kambayi a réfuté l’accusation qu’il est un Ministre de football. Il a évoqué les démarches menées en vue de la prise en charge des autres disciplines par l’Etat. La situation des finances publiques ne permet pas d’arracher la décision attendue par l’opinion sportive congolaise. Il en est conscient et y travaille, en menant des plaidoyers auprès des autres décideurs. Le soutien à la Linafoot est inscrit dans ce tableau de bord. La disqualification des équipes d’âge est malheureuse mais l’incapacité de l’Etat à honorer ses engagements cette fois-ci n’est pas une mauvaise foi mais le fait de la « marmite » de la grand-mère. Denis Kambayi a déclaré : « Si l’Etat a soutenu par le passé ce football, lorsqu’il aura encore les moyens conséquents, il les soutiendra encore ».

D’une réfutation à une autre, le Ministre interrogé sur ses relations avec la presse dont il est accusé d’être le bourreau, s’est dit ouvert à la critique mais ennemi du mensonge gratuit. En effet, il est fait part de menaces à l’encontre de quelques journalistes par des personnes identifiées proches du Ministre. La clarification a été portée à la connaissance de tous sur l’approche du Ministère par rapport à la communication. Sans vouloir donner des leçons à la presse, le Ministre a dit ce qu’il en pense. Il a appelé au professionnalisme de tout le monde.

Après un tel exercice, le Ministre a eu le cœur léger d’avoir fait sa part, d’avoir rendu compte à la Nation de sa gestion. Certaines questions ont trouvé des réponses et des interpellations pour l’approfondissement de la réflexion sur la chose sportive en RDC, sur l’effort commun à fournir en sa faveur, chacun dans la mesure de sa tâche.

Denis Kambayi a-t-il dissipé le doute, suffisamment éclairé la lanterne ? Qu’à cela ne tienne, il a déclaré être conscient qu’il n’est que serviteur d’une mission qu’il a reçue. Son effort est de contribuer à améliorer chaque secteur de son ministère jusqu’à son départ afin que ce qu’il aura accompli ait une saveur d’éternité pour le bien de la jeunesse, des sports et loisirs congolais.