Cette article, du 11 avril 2014, pourra donné des réponses à certains avril
http://www.francefootball.fr/news/Matia ... vie/456266
Matiabo : «Je connais l'importance de la vie»
Ni la guerre en République Démocratique du Congo, ni son passage dans un camp de réfugiés en Ouganda ou encore l'interminable attente de son passeport canadien n'ont suffi pour l'écarter de sa passion. A l'essai ces deux derniers mois avec la réserve de Newcastle, Alain Matiabo n'a pas eu l'opportunité de passer pro à la fin de cette «magnifique expérience». Mais l'ailier droit de 19 ans, qui a fait son apprentissage au Québec, pourrait prochainement rebondir au sein d'une équipe de Championship. Découverte.
A l'essai ces deux derniers mois avec la réserve de Newcastle, Alain Matiabo pourrait prochainement rebondir en Championship (L'Equipe)
«Alain, vous étiez depuis deux mois à l'essai avec la réserve de Newcastle, comment avez vécu cette expérience ?
Très bien, même si je n’ai pas pu passer pro puisque le club possède déjà plusieurs jeunes joueurs du centre de formation qui doivent prochainement signer leur premier contrat. C’était une magnifique expérience, j’ai remercié tout le monde pour l’accueil lors de mon de mon dernier jour au club. Une équipe de 5e division m’a fait une proposition récemment, mais c’est bien trop bas. J'en ai discuté avec mon conseiller (Victor Lemée, ndrl) je suis encore jeune, je dois certes rapidement trouver une équipe mais je vise plus haut que ça. Je m’entraîne avec Gateshead FC (5e division) depuis quelques jours pour conserver la forme. Par ailleurs, Doncaster (Championship) souhaite que je réalise la pré-saison avec eux, ce serait fantastique.
C'est un nouveau mode de vie pour vous après avoir déjà quitté l'Afrique à 14 ans avec votre famille pour rejoindre le Québec...
C’était un méchant changement d’arriver à cet âge au Québec… Aujourd’hui, j’ai découvert de nouvelles choses en Europe, arriver en Angleterre m’a donné confiance en moi.
«Ma mère me disait alors de laisser tomber le football, mais comme je ne suis pas quelqu'un qui perd rapidement l'espoir, je me suis accroché»
Vous auriez même pu arriver bien avant si vous aviez obtenu plus tôt votre passeport canadien...
Les démarches administratives ont pris plus de temps que prévu. J’étais supposé arriver en Angleterre en 2012 mais malheureusement, plusieurs problèmes ont fait que je n’ai pu avoir mon passeport qu’en fin d’année 2013. Et même après, je n’ai pas pu rentrer sur le territoire anglais lors de mes deux premières venues en raison d’un souci de visa, alors que tout résident canadien peut rester six mois en Angleterre même s’il n’en a pas. Ma mère me disait alors de laisser tomber le football, mais comme je ne suis pas quelqu’un qui perd rapidement l’espoir, je me suis accroché. Une semaine après la réception de mon visa, je commençais les entraînements avec Newcastle.
Vous avez retrouvé votre cousin, Gaël Bigirimana, pro à Newcastle. Parlez-nous de votre relation ?
Il m’a énormément aidé à mon arrivée en Europe, j’avais quelqu’un de ma famille sur qui m’appuyer, c’était très important. Il a toujours été présent pour moi. Quand je m’entraînais avec Newcastle, lui était blessé, donc il venait tous les jours me surveiller. Il m’a donné un certain nombre de conseils, tout comme pas mal de joueurs français évoluant ici. Avant de rejoindre le PSG, Yohan Cabaye, par exemple, s’occupait de moi. Mapou Yanga-Mbiwa était aussi souvent de passage à la maison, tout comme Olivier Kemen, un attaquant français des moins de 18 ans. Ce sont des gens qui m’ont expliqué comment me comporter au sein d’un niveau dans lequel je n’ai pas encore joué.
«Sans la guerre, je ne serais pas en Angleterre»
La Premier League vous fait-elle rêver ?
Vous savez, mon rêve a commencé au Congo depuis que je suis tout petit… Mon père était entraîneur de foot là-bas et moi, je devais juste apporter les ballons à l’équipe. Des fois, je prenais un ballon et je courais partout avec. J’ai commencé à regarder les matches à la télévision, et il y a un joueur qui m’a marqué : c’est Ronaldinho. Je voulais devenir comme lui. A cause de la guerre, nous avons été obligés de quitter le pays et de déménager en Ouganda, dans un camp de réfugiés. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à jouer en équipe avec d’autres jeunes. Je passais toutes mes journées sur un terrain de foot, cela suffisait à mon bonheur, c’était déjà un rêve de pouvoir pratiquer ce sport dans ces conditions… Mais je suis content de mon passé, je connais l’importance de la vie. Et, sans la guerre, je ne serais pas en Angleterre aujourd’hui.»
Propos recueillis par Clément LACORD