Focus : Randy Nteka (Fuenlabrada)

Focus : Randy Nteka (Fuenlabrada)

@ 08 Juil 20 636

Son nom ne vous dira peut-être rien. Il n’est passé par aucun centre de formation, n’évolue pas dans un club au nom ronflant, et n’est pas le plus médiatisé des binationaux d’origine congolaise. Pourtant, Randy Nteka mérite toute notre attention. A 22 ans, ce milieu box-to-box s’est déjà imposé comme l’un des meilleurs joueurs de deuxième division espagnole. Suivi par plusieurs écuries en Liga et ailleurs, il pourrait bien faire parler de lui dans les années à venir… Zoom. 

Un parcours du combattant ! 

Crédit photo : France Football

Né à Paris il y a 22 ans, Randy Nteka vit d’abord à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, avant de déménager à travers la région parisienne pendant son enfance. Après avoir commencé le foot à six ans, il connaît divers clubs en junior (Ris-Orangis, Draveil, Montgeron…) mais connait un parcours sinueux, malgré un talent évident. Recalé du CFFP (Centre de Formation de Football de Paris) pour résultats scolaires insuffisants, il songe à arrêter le foot quand des amis le convainquent de revenir jouer à Draveil, en division de district. Et à 19 ans, alors qu’il évolue à Montgeron, l’agent d’un ami l’invite à réaliser un test en Espagne. C’est alors le début de la débrouille. Il effectue d’abord une demi-saison en cinquième division espagnole, puis une pré-saison avec la réserve du Rayo Vallecano. Mais on ne lui propose toujours pas de contrat. Il doit alors se contenter de faire les entraînements, et disputer les matchs amicaux.

Né en France, affûté en Espagne

C’est suite à un banal match amical que sa carrière va prendre une impulsion. Titularisé contre Fuenlabrada fin 2017, il réalise un gros match au milieu de terrain. Impressionné par le joueur, le club de la banlieue madrilène contacte le Rayo, où Nteka est toujours sans contrat. D’abord hésitant (il avait comme objectif de percer à Vallecano), il signe finalement au club, qui évolue en troisième division. Par la suite, il s’adapte très vite à cette équipe ambitieuse, qui monte en Liga 2 un an plus tard. En grande partie grâce à Randy, auteur de neuf buts pendant la saison.

Du district… à la Liga ? 

Crédit photo : Fondo Segunda

Aujourd’hui, Nteka est indiscutable au club, neuvième de Liga Adelante. De par son influence sur le jeu des Kirikos, et son fort potentiel, le joueur d’origine congolaise est très convoité. En décembre, il était même proche de rejoindre Grenade, en Liga. Le transfert ne s’était pas concrétisé au mercato hivernal, mais plusieurs écuries devraient revenir sur ses rangs cet été… et la sélection serait bien inspirée d’en faire autant ! 

En effet, Randy Nteka vient tout droit du monde amateur, et n’a jamais été sélectionné en équipes de jeunes avec la France. Né dans une famille d’origine congolaise et angolaise, il pourrait se montrer attentif à l’intérêt de ses pays d’origine. Et à 22 ans, il pourrait tout à fait s’inscrire dans la reconstruction tant souhaitée par le staff technique, avec en ligne de mire la CAN 2021 et la Coupe du Monde 2022. 

Son style : box-to-box, à la Imbula

Crédit photo : El Desmarque

Un véritable couteau suisse. Très à l’aise balle au pied, ce pur gaucher est un joueur box-to-box, qui aime se projeter vers l’avant. Avec son mètre 90, sa patte gauche, ses long compas et son activité dans l’entrejeu, il fait beaucoup penser à Giannelli Imbula. Mais il apparaît plus polyvalent que l’ancien marseillais. En effet, Nteka joue régulièrement milieu offensif, attaquant de soutien voire avant-centre avec son club ! Et avec succès : sur ses quatre buts inscrits cette saison, deux l’ont été en tant qu’attaquant, et deux autres à la création. Enfin, son gabarit imposant en fait un joueur puissant, très difficile à bouger. 

Mais dans son parcours, Nteka s’apparente clairement à Yannick Bolasie. Comme lui, c’est un talent brut sorti de nulle part. Les deux ont d’ailleurs eu un parcours assez similaire (Bolasie a commencé par la non-league anglaise, avant de décrocher son premier contrat pro à Malte, tandis que Nteka a accédé au monde professionnel par la troisième division espagnole, après avoir joué des amicaux sans licence au Rayo Vallecano). Comme Yala, il a brièvement connu le monde du travail, et a failli lâcher le foot (l’ailier d’Everton était charpentier à temps partiel, et le jeune Nteka était gardien de stade en Espagne). Enfin on espère que, comme lui, il sera bien inspiré dans son choix de sélection !