Un peu d'histoire

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Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 08:01

Je crée ce sujet, où chacun pourra publier les archives de l'histoire de notre pays. Ceci servira de rappel pour les uns et d'information pour les autres... Que chacun partage ici ses archives S.V.P.
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 09:02

Extrait de : « Luba du Katanga et Luba du Kasai (CONGO) comparaison de deux populations de même origine » Par Jean Hiernaux (Laboratoire d’Anthropologie de la Faculté de Sciences de Paris) pp 611 et 612 du Bulletin et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris tome 6, XIe série, 1964…

Les Luba constituent un des plus importants groupes ethniques du Congo. Ils occupent au Katanga un vaste territoire qui s’étend du 6è au 10 è degré de Latitude Sud et du 24è au 27è degré de longitude Est. De ce territoire a essaimé au Kasai une population qui continue à s’appeler Luba et parle une langue, le Tshiluba, étroitement apparentée à celle des Luba du Katanga, le Kiluba. La littérature ne fournit pas de donnée précise sur la chronologie de la migration. Vherlupen (1936) la situe avant le premier Empire Luba, de date incertaine mais remontant certainement à plusieurs siècles ; Denolf (in Boone, 1961) par contre écrit en 1954 que ceux qui au Kasai continuent à s’appeler Luba y sont arrivés il y a une cinquantaine d’années. Le degré de différence entre les deux langues Luba implique cependant une séparation de quelques centaines d’années (Meeussen, comm. Pers.), ce qui s’accorde avec l’opinion de Verlhupen.

Pour Verlhupen, les Luba du Kasai sont originaires du pays du Lomami, dans la partie occidentale des Luba du Katanga. Cette origine est d’autant plus vraisemblable qu’elle est, au Katanga, la plus proche du territoire Luba du kasai, situé au Nord-Ouest de celui des Luba du Katanga.

Pendant un temps, l’aire habitée par les Luba du kasai resta modeste. Nicolaï et Jacques (1954) et Nicolaï (1959-1960) expliquent comment la construction du chemin de fer du Bas-Congo au Katanga, de 1922 à 1928, en a amené l’expansion et l’essaimage : sur son trajet au Kasai, les travailleurs Luba créent des hamaux, alignés sur le rail ou sur la route qui le double ; ils s’y font rejoindre par leur famille. Depuis lors, l’arrivée de familles originaires des régions Luba les plus peuplées du Kasai est incessante. Ainsi se développent en territoire Lulua de nombreux villages Luba créés par des individus isolés. Aussi ; dès 1930, les Luba sont-ils installés partout le long du rail. Pour rendre homogène cette occupation, l’administration crée des chefferies Luba, au prix éventuel de déplacements de villages. La prospérité de la région entraine un développement d’une ville, Luluabourg, en pays Lulua. Les Luba du Kasai y affluent : en 1952, la cité d’indigène compte 57% de Luba pour 26% seulement de Lulua. La ville est entourée ddu secteur dit « des baluba de Luluabourg » qui compte 83% de Luba et 14% de Lulua. La zone annexe de Tshikaji, englobée dans le territoire de la ville, compte en 1958, 83% de Luba et 15% de Lulua. De 1954 à 1958, elle a doublé la population du fait de l’immigration Luba.

Boone (1961) estime le nombre des Luba du Kasai très approximativement à 250.000 et celui des Luba du Katanga entre 280.000 et 300.000.

Le succès des Luba du Kasai, disent NicolaÏ et Jacques (1954), est dû à leur prolificité, leur acceptation rapide de certaines valeurs européennes (dont l’éducation, qui implique l’accès aux fonctions les mieux rémunérées), leur sens du commerce et de l’agriculture e commerciale (ils exportent des vivres, par le chemain de fer, jusqu’aux villes minières du Katanga). Ils détenaient à Luluabourg la grande majorité des postes accessibles aux indigènes dans l’administration avant l’indépendance. Déjà, en 1886, Wolf notait leur souci d’être les porteurs et les promoteurs de la civilisation européenne en Afrique centrale. Cette situation, qui régnait à l’époque de l’enquête ici traitée, allait être bouleversée par les évènements qui ont secoué le Congo de 1960.

Le dynamisme des Luba du Kasai ne les a pas fait affluer seulement à Luluabourg, dans leur province. Il les a aussi conduit en grand nombre dans la capitale du Haut-Katanga minier, Elisabethville ? Celui-ci, par ses possibilités d’emploi, attirait aussi bien d’autres groupes ethniques, en premier lieu les Luba du Katanga. Nous n’avons pas trouvé dans la littérature de donnée sur l’importance relative des deux groupes de Luba dans la population indigène d’Elisabethville, qui comptait en 1954 plus de 122.000 habitants (Chapelier, 1957). Une estimation peut cependant être tirée de l’effectif des échantillons de la présente étude.

Celle-ci porte sur les Luba du Katanga et les Luba du Kasai
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 09:10

Quelques archives de Léopold II
« Mes Compatriotes,

Toute la Belgique et les Belges sont dans la joie d’accueillir le Dr. David Livingstone qui revient de l’Afrique après avoir accompli une noble mission, nous ramène la bonne nouvelle de la conquête du Katanga, {…} je viens de créer des sociétés au Katanga dans lesquelles vous aurez à travailler. Faites attention et abstenez-vous d’annexer cette concession avec le reste du Congo.

Nous venons de nommer le Gouverneur Général pour le Congo, également un autre Gouverneur Général est nommé par le Royaume de Belgique pour diriger le Katanga, ainsi vous remarquerez, qu’il s’agit ici de deux pays distincts, l’un différent de l’autre et doivent rester séparément.

Pour ce faire, j’ai désigné mon fils le nommé Jean Félix Hemptinne, c’est bien Lui, qui sera mon Représentant dans notre concession du Katanga. En outre, il est strictement interdit formellement de procéder à l’annexion de ces deux pays, qui sont tout à fait séparés l’un de l’autre. Je vous envois pour mieux développer ce Katanga, votre deuxième patrie où vous y resterez paisiblement et sans craindre à jamais. Je vous en remercie ».
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 09:12

Testament de Léopold II

« Nous, Léopold II, Roi des Belges, Souverain de l’État Indépendant du Congo

Voulant assurer à notre Patrie bien-aimée les fruits de l’œuvre que depuis de longues années, Nous poursuivons dans le continent Africain, avec le concours généreux et dévoué de beaucoup de Belges ;

Convaincu de contribuer ainsi à assurer à la Belgique, si elle le veut, les débouchés indispensables à son commerce et à son industrie ;

Déclarons, par les présentes, léguer et transmettre, après notre mort, à la Belgique, Nos droits Souverains sur l’État Indépendant du Congo, tels qu’ils ont été reconnus par les déclarations, conventions et traités intervenus depuis 1884, entre les Puissances étrangères, d’une part, l’Association Internationale du Congo et l’État Indépendant du Congo, d’autre part, ainsi que tous les biens, droits et avantages attachés à cette souveraineté ».

Fait à Bruxelles, le 02 août 1889. (s) Léopold
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 09:15

Observation d'un penseur Congolais sur le testament de Léopold II :roll:

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’à la Conférence de Berlin de 1884, le Katanga ne faisait pas partie de l’État Indépendant du Congo, mais qu’en 1888, après la conquête du Katanga, le Roi Léopold II fait du Katanga un État tout à fait distinct de l’État Indépendant du Congo

Remarque ou observation intéressante, dans ce testament du roi Léopold II, il n’est pas question de léguer, après sa mort, l’État du Katanga à la Belgique, alors que le Katanga était une entité tout à fait distincte de l’État Indépendant du Congo, ce qui veut dire que, par son testament il ne fait que léguer à la Belgique le reste du Congo, mais pas le Katanga… à ce moment-là le Katanga ne fait pas partie de l’État Indépendant du Congo de 1884 et Léopold II ne lègue pas le Katanga à la Belgique dans son testament ! Et, rappelons-le, ce n’est qu’en 1892 que le Katanga va devenir la sixième région de l’État Indépendant du Congo… donc, 3 ans après le testament de Léopold II ! On peut donc dire en quelque sorte, que la Belgique a annexé, en 1892, le Katanga à l’État Indépendant du Congo, ceci sans avoir le droit de le faire, vu que le Katanga ne lui avait pas été légué par voie testamentaire ! On peut éventuellement dire, que cette annexion du Katanga fut ‘‘illégale’’ du point de vue juridique !

Allons plus loin : jusqu’en 1936, le Katanga connut un régime spécial, au lieu d’être soumis à l’autorité du Gouverneur Général de la capitale, Léopoldville, le Katanga relevait directement du Ministère des Colonies à Bruxelles et un Vice-Gouverneur Général siégeait à Élisabethville ( Lubumbashi ) au Katanga.

On peut donc estimer que le Katanga peut, de plein droit, réclamer au minimum l’application du Fédéralisme au sein des frontières de l’actuelle R.D.C. ( République Démocratique du Congo )… personne ne peut dire ou affirmer le contraire, personne, que ce soit au niveau historique et/ou juridique… personne !
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 14:22

Les Luxembourgeois au
Congo belge
Le 3 juillet 1898 la première voie ferrée du Congo belge, reliant le port de Matadi à la capitale
Léopoldville fut inaugurée officiellement par la “Compagnie du chemin de fer du Congo”. De nombreux
techniciens et ouvriers luxembourgeois participèrent à la construction de cet énorme chantier qui
fit près de 8.000 victimes. Nicolas Cito, ingénieur, originaire de Bascharage, dirigea lui-même les
travaux de construction du chemin de fer et eut le privilège de conduire, le 16 mars 1898, la première
locomotive de Matadi à Léopoldville.
L’Etat indépendant du Congo et
les débuts de la colonisation
Longtemps ignorée, la région des grands
lacs commence par susciter l’intérêt de
l’Europe vers 1875, suite aux expéditions
de Livingstone1 et aux premiers
voyages de Stanley2 en Afrique centrale.
Sous l’impulsion de Léopold II, roi
des Belges, une “Association internationale
africaine” est créée en 1876, destinée
à étudier le centre de l’Afrique et
à y faire disparaître la traite des Noirs,
à laquelle continuent à se livrer des
marchands d’esclaves arabes. Léopold
II, passionné par l’Afrique, est décidé à
s’assurer la propriété du Congo, tout en
prétextant des buts purement scientifiques
et humanitaires. Il s’assure l’appui
de Stanley qui parcourt le continent
africain d’est en ouest, tout en signant
des traités avec les roitelets noirs. Le
26 février 1885 la conférence internationale
de Berlin reconnaît Léopold II
comme souverain, à titre personnel,
de l’Etat indépendant du Congo. Un
accord avec le parlement belge stipule
que le souverain belge doit subvenir
seul aux frais résultant de la conquête
et de la colonisation du Congo. La pacification
du territoire, qui demande près
d’une dizaine d’années (1887-1894) est
entreprise par des officiers belges, qui
mènent une lutte impitoyable contre
les sultans arabes, trafiquants d’esclaves.
Parallèlement se poursuit la mise en
valeur économique, avec notamment la
construction d’une voie ferrée Matadi-
Léopoldville/Stanley Pool (1890-1898)
dont le but est de pouvoir transporter
les énormes richesses de l’intérieur du
pays vers l’Atlantique. Le fleuve Congo
est certes navigable jusqu’à Léopoldville,
mais en aval de ce poste des rapides
et des chutes interdisent toute navigation
sur près de 300 km et donc forcément
tout commerce à grande échelle.
Stanley note lui-même que “le Congo
sans chemin de fer ne vaut pas un
penny”. Au cours des années 1880 Stanley
crée néanmoins un transport par
porteurs à travers la forêt équatoriale
pour acheminer les marchandises de
Léopoldville vers le port de Matadi.
Toutefois ce mode de transport fort
pénible (la charge est de 30 kilos par
personne) décime les porteurs indigènes
à cause d’un climat particulièrement
insalubre et d’une configuration du terrain
très accidenté. Les promoteurs belges
décident donc de construire un chemin
de fer entre les 2 principales villes
du pays et en juillet 1889 est créée
la “Compagnie du chemin de fer du
Congo”, dont le capital est détenu à
40% par le gouvernement belge, le reste
étant partagé entre des particuliers belges,
américains, allemands et anglais.
De nombreux ingénieurs et techniciens
européens, notamment belges et luxembourgeois
sont recrutés par Léopold II
pour participer à ladite construction.
Le chantier est ouvert le 15 mars 1890
et dure près de 8 ans à travers la forêt
équatoriale, les marécages insalubres et
un terrain haché de ravins et de cascades.
Le tribut payé par les hommes est
extrêmement lourd: Plus de 8.000
travailleurs africains, souvent réquisitionnés
de force et mal payés y succombent,
de même que 145 ingénieurs,
contremaîtres et cadres essentiellement
belges, terrassés par le paludisme et la
dysenterie.et artisans ainsi que des agronomes et
des missionnaires.
Parmi les militaires luxembourgeois qui
s’enrôlent dans l’armée coloniale belge,
plusieurs périssent au Congo, notamment
les capitaines Aubry Jean, Simon
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 12 août 2011, 14:25

Est-ce la cause du fait que les Congolais comprennent mal la religion ??? On la leur a peut être mal enseignée !!! :roll:

DISCOURS DU ROI DES BELGES LEOPOLD II Aux missionnaires du Congo en 1883

Révérends Pères et chers Compatriotes, La tâche qui nous est confiée à remplir est très bien délicate et demande beaucoup de tact. Vous allez certes pour évangéliser, mais votre évangélisation doit s’inspirer avant tous des intérêts de la Belgique.

Le but principal de notre mission au Congo n’est point d’apprendre aux nègres à connaître Dieu, car ils connaissent déjà ; Ils parlent et se soumettent à MUNGU, un NZAMBI, un NZAKOMBA et que sais-je encore. Ils savent que tuer, coucher avec la femme d’autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons le courage de l’avouer, vous n’irez donc pas leur apprendre à connaître ce qu’ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter la tâche aux administrateurs et aux industriels.

C’est donc dire que vous interpréterez l’évangile de façon qu’il sera à mieux protéger vos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sous-sols pour éviter qu’ils s’y intéressent, qu’ils ne vous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour à vous déloger. Votre connaissance de l’évangile vous permettra facilement de trouver des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté. Tel par exemple « Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux et, c’est difficile aux riches d’entrer au ciel ». Vous devez les détacher et faire mépriser tout ce qui leur prouve le courage de nous affronter.

Je fais ici allusion à leurs fétiches de guerre qu’ils prétendent point ne pas les abandonner et vous devez mettre tout en œuvre pour les faire disparaître. Votre action doit se porter essentiellement sur les jeunes afin qu’ils ne se révoltent pas si le commandement du prêtre est contradictoire à celui des parents. Les enfants doivent apprendre à obéir ce que leur recommande le missionnaire qui est le père de leur âme.

Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance ; éviter de développer l’esprit dans les écoles : Apprendre aux élèves à écrire et non à raisonner. Ce sont là, chers compatriotes, quelques uns des principes que vous appliquerez. Vous trouverez beaucoup d’autres dans les livres qui vous seront remis à la fin de cette conférence. Evangélisez les nègres pour qu’ils restent toujours soumis aux colonialistes blancs, qu’ils ne se révoltent jamais contre les contraintes à que ceux-ci leurs feront subir.

Faites leur réciter chaque fois « heureux ceux qui pleurent car le royaume des cieux est à eux ». Convertissez toujours les noirs au moyen de la chicote. Gardez leurs femmes pendant neuf mois à la soumission afin qu’elles travaillent gratuitement pour nous. Exigez ensuite qu’ils vous offrent en signe de reconnaissance des chèvres, poules, œufs, chaque fois que vous visitez leurs villages. Et faites tout pour que le nègre ne devienne jamais riche.

Chantez chaque jour qu’il est impossible aux riches d’entrer au ciel. Faites leur payer une taxe chaque semaine à la messe de dimanche, utilisez cet argent prétendument destiné aux pauvres à transformer vos missions en des centres commerciaux florissants. Instituez pour eux un système de confession qui fera de vous de bons détectives pour dénoncer tout noir qui a une prise de conscience contraire aux autorités investies de pouvoir de décision.

Enseignez aux Nègres d’oublier leur héros afin qu’ils n’adorent que les nôtres. Ne présentez jamais une chaise à un Noir qui vient vous voir. Donnez-lui au plus une tige de cigarette. Ne l’invitez jamais au dîner même s’il vous donne une poule chaque fois que vous arrivez chez lui.
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 13 août 2011, 14:24

KALONJI ALBERT
Présentation du témoin

Au moment de l’assassinat de Lumumba, Albert Kalonji était président du Sud-Kasaï. Les questions suivantes sont importantes : 1. Dès le 15 juillet 1960, Kalonji est entré en contact, par l’intermédiaire de Soumoy, son conseiller à Bruxelles, avec le chef de cabinet du Roi. Pourquoi ? Est-ce que cette démarche entrait dans le cadre de la lutte contre Lumumba et d’un soutien belge qu’il sollicitait pour cela ? A-t-il finalement obtenu ce soutien belge dans son initiative sécessionniste ? Et si oui, pourquoi la Belgique l’ a-t-elle soutenu ? 2. Le 9 août 1960, l’indépendance du Sud-Kasaï est proclamée. Elle est soutenue par la Forminière, filiale de la Société Générale. D’autres acteurs belges viennent la soutenir. Quelle était la nature des aides et des appuis qui lui ont été apportés, avec l’établissement d’une chronologie de cette aide : aide financière (gouvernementale belge, privée ?), aide militaire, aide technique. Quels furent les acteurs belges qui participèrent à ces aides, avec qui Kalonji et son gouvernement ont été en liaison en Belgique ? Cette aide incluait-elle une condition, celle de la lutte contre Lumumba ? 3. Le témoin a-t-il été au courant d’un quelconque projet belge ou belgo-congolais de liquidation physique de Patrice Lumumba, ou d’enlèvement, dès août 1960, et en septembre-octobre ? 4. Quels étaient ses contacts avec Jules Loos, conseiller militaire du ministre d’Aspremont Lynden ? 5. En septembre 1960, en compagnie de Ngalula, il a rencontré Rothschild. Sur quoi ont porté ces discussions ? 6. A partir de quand a-t-il souhaité que Lumumba soit transféré à Bakwanga ? Auprès de qui a-t-il entamé des démarches en ce sens ? A-t-il demandé un appui de la Belgique pour que ce transfert se concrétise ? Si oui, quel sort réservait-il à Lumumba ? Si non, c’est en contradiction avec différents témoignages dont celui de Mukamba, qui prétend que Kalonji avait demandé à Munongo que Lumumba soit transféré à Bakwanga . 7. Après l’évasion de Lumumba, le 28 novembre, et dans le cadre des fêtes de l’indépendance du Congo- Brazzaville, Youlou a accueilli Kalonji parmi d’autres invités. Apprenant la nouvelle de l’évasion, une « table ronde » fut improvisée avec Kasa Vubu, Iléo, Adoula, Tshombe, Bomboko, Kimba et Kalonji. Sur quoi portaient ces discussions ? Qu’a-t-on envisagé pour Lumumba ? Y avait-il des Belges présents ? 8. Après l’évasion de Lumumba fin novembre 1960, Kalonji a indirectement participé à la capture du fugitif en informant, selon ses possibilités, des déplacements de ce dernier. Lors de sa capture au début décembre, pourquoi Pongo l’a-t-il ramené à Léopoldville et ne l’a pas conduit directement chez Kalonji ? A-t-il tenté alors de convaincre les autorités de Léopoldville que Lumumba lui soit livré ? N’était-il pas en droit de réclamer directement le transfert du fugitif à Bakwanga, compte tenu des exactions commises par l’ANC en août 60 dans le Sud- Kasaï ?9. Le 6 décembre à Brazzaville, le témoin a demandé à Mobutu et à Kasa Vubu le transfert de Lumumba à Bakwanga ? Est-ce exact ? Etait-ce une initiative personnelle ? 10. Le diplomate belge Vanden Bloock, dans un télégramme du consulat général d’Elisabethville destiné à Bruxelles, le 28 décembre 1960, précisait que Bakwanga était « un bon compromis » pour le transfert de Lumumba. Qu’entendait par là le diplomate belge, que voulait-il dire ? 11. A la mi-décembre 1960 s’est tenue une conférence des Etats francophones africains à Brazzaville. Kalonji était présent, comme Tshombe, Kasa Vubu, Bomboko, Kamitatu, Ileo, Mobutu, Bolikango, Kimba. Parmi les Belges présents, on cite Weber et Bartelous, les proches de Tshombe. Y avait-il d’autres Belges présents ? A cette conférence, il fut question du sort de Lumumba. Comment a-t-on évoqué l’avenir de celui-ci ? Fut-il question de son transfert à Bakwanga ? A Elisabethville ? 12. Pourquoi Kalonji s’est-il rendu à Elisabethville fin janvier 1961 ? Fut-il question de Lumumba, de sa mort ? 13. Quand, par qui et comment a-t-il appris la mort de Lumumba ? A qui a-t-il transmis cette information 14. Quelle a été la raison exacte de la scission du MNC en un MNC-Lumumba et un MNC-Kalonji. Était-ce lié au caractère de Lumumba ? 15. Le gouvernement de Léopoldville a-t-il demandé en janvier 1961 de transférer Lumumba à Bakwanga ? 16. Kalonji a-t-il été informé du fait que la destination du transfert avait été modifiée ? Dans l’affirmative, par qui et comment ? 17. Kalonji a-t-il reçu de l’argent de la Belgique ou d’autres pays ? 18. A-t-il connu Benoît Verhaegen et dans quel contexte ? 19. Avait-il été convenu de provoquer plusieurs sécessions (Tshombe, Bolikango, Diomi) ? Kalonji était-il au courant de la rencontre Tshombe-Mobutu du 16 octobre 1960 ?

Témoignage

2.1. Albert Kalonji a été entendu par la commission le 25 juin 2001. 2.2. Le témoin nie avoir eu un contact avec le chef de cabinet du Roi le 15 juillet 1960. Il a bien eu des contacts avant l’indépendance, mais pas après. Ces contacts avaient déjà été rompus à ce moment-là du fait qu’il avait été contraint de quitter le territoire belge. Les événements du Congo ont en outre empêché la poursuite de relations personnelles avec les autorités belges. Il s’était en effet engagé dans le mouvement de Lumumba et avait aidé à la création d’une section de ce parti, le MNC, dans la province du Kasaï. 2.3. Le 11 juin 1960, il s’était toutefois retiré du conseil de gouvernement après que Lumumba eut déçu l’ethnie du témoin (les Baluba) et il s’était ensuite engagé dans la lutte des Baluba contre les Lulua au Kasaï, une lutte dans laquelle la minorité Lulua avait pris le pouvoir et avait assassiné et chassé des membres de la majorité Baluba. Étant donné que la situation était devenue trop dangereuse au Kasaï, Kalonji est parti pour un temps au Congo- Brazzaville afin de diriger, à partir de là, l’opposition parlementaire à Lumumba. Il déclare n’avoir certainement jamais été un ennemi de Lumumba; il s’est uniquement consacré à l’organisation du combat politique des Baluba dans le sud de la province du Kasaï et voulait, dans ce cadre, créer un parti capable de donner au Sud-Kasaï un avenir autonome dans un Congo fédéral. 2.4. Lorsque Lumumba a été assigné à résidence, il a même plaidé en faveur de sa libération, ce qui constitue, selon lui, la preuve qu’il n’a pas participé à son emprisonnement ni à la tentative ultérieure visant à transférer Lumumba à Bakwanga, chef-lieu du Sud-Kasaï. Il lui a toutefois été demandé par le gouvernement national du Congo, en particulier par l’intermédiaire du président Kasa Vubu et de Mobutu, de pouvoir transférer Lumumba et deux autres prisonniers à Bakwanga, ce qu’il a refusé, par principe, parce qu’il refusait de collaborer avec le gouvernement congolais, qui ne voulait pas reconnaître le Sud-Kasaï en tant qu’entité juridique indépendante, et qu’il aurait par là même signé son propre arrêt de mort (politique). 2.5. Il a uniquement appris la nouvelle de la mort de Lumumba par la radio. Il est également étranger au transfert et à l’assassinat ultérieurs de sept lumumbistes; ce massacre a été organisé et exécuté par son premier ministre Ngalula sans qu’il en ait été personnellement informé.2.6. Le témoin a été interrogé sur les relations qu’il entretenait à l’époque avec la Belgique. Il nie avoir reçu un soutien logistique du ministre d’Aspremont Lynden et déclare que ses deux conseillers militaires belges n’ont pas demandé la reconnaissance diplomatique du Sud- Kasaï ni sollicité un appui matériel auprès du gouvernement belge; leur tâche se limitait à acheter des armes afin de pouvoir repousser des attaques ennemies. Son premier ministre n’a pas non plus entrepris de telles actions, à moins qu’il ait agi à son insu. En revanche, il a reçu, de Belgique, des avances remboursables de l’Union Minière. Selon certains membres de la commission, cette opération a eu lieu avec l’accord du gouvernement belge. 2.7. En conclusion de son témoignage, le témoin répond encore à quelques questions précises de membres de la commission. Il nie que Bukamba, qui a accompagné Lumumba lors de son transfert au Katanga, ait tenté de le convaincre d’autoriser Lumumba à entrer sur le territoire du Sud-Kasaï. Il confirme avoir conclu un accord avec le président katangais Tshombe au sujet de la collaboration des Baluba du Kasaï et du Katanga. Il déclare que Tshisekedi, ministre de son gouvernement rebelle du Sud-Kasaï, ne donnait pas toujours suite à ses ordres, mais qu’il le gardait dans son gouvernement parce que Tshishekedi était important pour l’image du gouvernement vis-à-vis de l’extérieur. Il nie avoir envoyé trois de ses meilleurs collaborateurs politiques dans la capitale congolaise, Léopoldville, pour y mener des négociations politiques; ils ne relevaient plus de son autorité et avaient suivi, au gré des circonstances de la guerre, leur propre voie. Il ne se souvient pas si son (ancien) collaborateur Mukamba s’est arrêté au Sud-Kasaï avant de se rendre d’Élisabethville à Léopoldville. Certains membres de la commission lui reprochent dès lors d’avoir une mémoire sélective.
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Re: Un peu d'histoire

Message par wantanshi » 13 août 2011, 14:28

Il déclare que Tshisekedi, ministre de son gouvernement rebelle du Sud-Kasaï, ne donnait pas toujours suite à ses ordres, mais qu’il le gardait dans son gouvernement parce que Tshishekedi était important pour l’image du gouvernement vis-à-vis de l’extérieur.
Tiens, tiens! J'avais perdu de vue ça ! Avec Gizenga c'est vraiment l'un des rescapés de l'indépendance ! Il y a vraiment des records au Congo ! :o
Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. [Albert Einstein]

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Re: Un peu d'histoire

Message par temk20 » 13 août 2011, 20:51

Au debut, les partenaires s'entraident pour se deshabiller mais a la fin c'est chacun pour soi!!! Le monde d'interet==>.

J'utilise un clavier Americain donc pas d'accent.

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