Focus : David Kinsombi

Focus : David Kinsombi

@ 15 Juin 20 841

Leopardsfoot vous l’avait présenté en août dernier, dans son article sur les binationaux d’Allemagne. Aujourd’hui, David Kinsombi est en pleine forme depuis la reprise du championnat. Avec deux buts et une passe décisive sur les trois derniers matchs, le milieu de Hambourg peut enfin exprimer le meilleur de lui-même cette saison. Au meilleur moment pour son club, en pleine lutte pour remonter en Bundesliga. Zoom. 

Un parcours de baroudeur

David Kinsombi sous les couleurs de Francfort.

Né à Rüdesheim, dans le Centre-Sud de l’Allemagne, David Kinsombi grandit à Wiesbaden dans une famille Congolaise. Après avoir fait ses gammes au SV Wehen Wiesbaden, principal club de sa ville, Mayence le repère lors d’un tournoi. En 2011, il rejoint donc le club à l’âge de 15 ans. Il y côtoie notamment Ridle et Makana Baku, qui sont également d’origine Congolaise.

Chez les Nullfünfer, Kinsombi réalise de belles performances et montre très tôt ses qualités de leadership sur le terrain, qui lui permettent de gouter à la sélection allemande en U18 (3 capes). A l’époque, alors qu’il évolue comme défenseur central, il porte le brassard de capitaine un U19.  Mais Mayence tarde à le faire signer pro, et l’Eintracht Francfort le chipe à son club formateur en mars 2014. Excité par la perspective de jouer en Bundesliga, le joueur saute sur l’occasion et signe un contrat de deux ans. Il fait ses grands débuts en novembre en étant titularisé face à Hannovre, à 18 ans. Malheureusement, son séjour à l’Eintracht tournera court. Entre blessures et changements d’entraîneurs répétés, il ne parviendra pas à s’imposer en deux ans à Francfort.

Après seulement deux matchs joués avec l’équipe première en deux saisons, il rejoint Karlsruhe, en deuxième division, mais qui vise alors la montée en Bundesliga. Mais le jeune défenseur est rapidement prêté à Magdebourg, à l’échelon inférieur, pour emmagasiner du temps de jeu.

Kiel : la révélation 

A seulement 22 ans, David Kinsombi était capitaine du Holstein Kiel (D2).

Il enchaîne alors les matchs et revient à Karlsruhe au bout de six mois. A son retour de prêt, il a gagné sa place de titulaire au KSC. Mais le Holstein Kiel, qui profite des difficultés sportives de Kalrsruhe, met le grappin sur le joueur en janvier 2016.

Dans le Nord de l’Allemagne, il est titulaire au milieu pour la première fois de sa carrière. D’abord devant la défense, en sentinelle. Très endurant et plutôt à l’aise techniquement, il peut alors exploiter une autre facette de son jeu. Avec 31 matchs joués, il effectue alors sa saison la plus prolifique, individuellement et collectivement. 3ème du championnat, Kiel s’incline en barrages de montée face à Wolfsburg. Un échec aux portes de l’élite frustrant pour Kinsombi, alors au sommet de sa forme. Mais bien décidé à remonter la saison prochaine, Kiel bâtit son équipe autour du germano-congolais, qui est nommé capitaine du club, à 22 ans.

Pour la saison 2018/2019, Kinsombi évolue encore un cran plus haut, au poste de milieu relayeur. Il réalise alors de belles performances, mais sa saison est marquée par un violent coup d’arrêt, lorsqu’il se brise le tibia en décembre face à Hambourg. Il doit alors renoncer au reste de la saison. Orphelin de son jeune capitaine, son club aura beaucoup de mal à s’en remettre, et enchaîne les résultats inconstants jusqu’à la fin de la saison. L’opération montée échoue encore.

A son retour de blessure, Kinsombi est bien décidé d’accéder à la Bundesliga. Hambourg, qui est relégué pour la première fois de son histoire, formule une offre à Kiel. Considérant l’aura du HSV en Allemagne, et voyant les chances de remontée augmentées, le joueur franchit le pas durant l’été 2019 et signe chez les Rothosen.

Hambourg, le déclic ?

Alors qu’une place de titulaire lui semble promise, Kinsombi se montre d’abord assez irrégulier. Moins en confiance, le joueur garde des séquelles de sa fracture du tibia. Même s’il délivre quelques passes décisives, son rendement n’est pas celui espéré. Sa saison n’est pas catastrophique, mais il ne s’illustre que par intermittences. Son club, toutefois, joue les premiers rôles et suit ses ambitions.

A la trêve forcée par la Covid-19, Kinsombi profite du confinement pour travailler dur afin de retrouver ses sensations. Et depuis la reprise, ses efforts portent leurs fruits. Le joueur a retrouvé son énergie, monte en puissance, et semble retrouver le niveau qui était le sien à Kiel. Face au Wehen Wiesbaden, son ancien club, il inscrit un doublé décisif pour une victoire 3-2. Et face à Kiel, dont il était capitaine il y a encore un an, il ponctue une belle performance d’une passe décisive. Son entraîneur Dieter Hecking a lui-même reconnu les progrès du joueur  : Il fait très bonne impression” s’est-il félicité dans les colonnes de Mopo. “Peut-être que sa blessure au tibia l’avait inhibé. Maintenant, il est récompensé pour tout le travail qu’il a fourni pour revenir”. Une preuve de reconnaissance que le joueur a du apprécier ! 

Fort de sa victoire face à Dresde vendredi (1-0) Hambourg est actuellement deuxième, en pole position pour la montée. Et cette fois, si c’était la bonne pour Kinsombi ? 

Son style : partout sur le terrain ! 

David Kinsombi possède un style assez singulier, à l’image de son évolution sur le terrain. Formé comme défenseur central, il a également joué milieu défensif, milieu offensif (plusieurs fois cette saison) et même attaquant de pointe à l’occasion. Toutefois, c’est au poste de milieu relayeur qu’il semble le plus à l’aise. Très endurant, il est doté d’un énorme volume de jeu, qui lui permet de couvrir une grande distance à chaque match. Joueur box-to-box, sa formation défensive lui confère une hargne à la récupération du ballon, tandis que son aisance technique lui permet de sortir le ballon proprement, et de distiller quelques passes décisives. Formé à l’école allemande, c’est un joueur discipliné. Sa maturité lui a permis de porter le brassard à Kiel, à seulement 22 ans.  Comme beaucoup de jeunes joueurs, sa principale faiblesse demeure toutefois son irrégularité. 

Alors qu’il n’a plus été appelé en sélection allemande depuis les U18 (donc en 2012), le grand frère de Christian (KFC Uerdingen) représente aujourd’hui une belle cible pour les léopards. A 24 ans, il possède une belle marge de progression, et a de belles chances de découvrir la Bundesliga l’an prochain. A l’heure ou une reconstruction d’effectif s’impose en équipe nationale, le joueur pourrait se laisser tenter par son pays d’origine, si on lui propose un projet concret. 

Et c’est sans doute le moment…