Cédric Makiadi : l’efficacité dans la discrétion

Cédric Makiadi : l’efficacité dans la discrétion

@ 04 Fév 15 28

Patiemment, il attendait son heure, durant cette CAN 2015. Lui, c’est Cédric Makiadi à qui peu de supporters congolais vouent un culte. Parce que le joueur et la personne vivent dans la discrétion. Le jeu de Makiadi n’est pas fait de fioritures. Il est simple et limpide. Sans une attention soutenue, il est parfois difficile à un œil simpliste de comprendre son rôle. Cédric Makiadi est un milieu de terrain qui sait à la fois occuper la position d’un relayeur et d’un récupérateur. Tout au long de sa carrière, il a occupé ce poste, dans les différents clubs où il est passé en Allemagne.

C’est dans ce pays qu’il a été formé où il est arrivé avec sa famille dont le papa Richard Mapuata Makiadi est un ancien joueur professionnel de la génération 1980. Papa Makiadi, ancien du Daring Club Motema Pembe, a été cet avant-centre surnommé Mangenda pour ses trois buts lors du grand derby DCMP-V. Club (3-0), au stade Tata Raphaël, ex-20 mai. La défaite avait été mal digérée par les vert et noir qui ont provoqué des émeutes avec casses. Mécontent de ces incidents, le feu Président Mobutu en avait fait mention, lors d’un meeting politique, tenu quelques jours seulement, dans la commune de la N’sele, à Kinshasa en interpellant les coupables et V. Club. Il disait en langue locale qu’une raclée ne subit ne doit être la cause des actes de vandalisme. Mobutu avait utilisé le terme de mangenda (le hat-trick). Ancien Léopard, Richard Mapuata a évolué au Portugal et en Allemagne.

La carrière du fils Makiadi l’a conduit dans des clubs tels que Wolfsburg et Freiburg dont il a été le capitaine. Il est actuellement avec les vert et blanc de Werder de Brême.
Avec la sélection nationale, Cédric Makiadi a connu son premier cap lors d’Ethiopie-RDC (1-0), à Addis-Ababa, éliminatoires CAN 2008. Il prit part aux préparatifs des éliminatoires CAN-Coupe du monde 2010 mais sans jouer un seul match officiel, sous Patrice Neveu. C’est sous Nouzaret que Makiadi voit le bout du tunnel, sans réellement accrocher pour les éliminatoires CAN 2012. La véritable carrure de ce médian discret a pris l’envol avec Claude Leroy. Il délivra son premier assist pour Mbokani lors de RDC-Guinée Equatoriale (4-0), éliminatoires CAN 2013. Amené en Afrique du Sud qui organisait la 29ème édition de la CAN, Makiadi fit preuve de son efficacité. Il a été titulaire pour les trois matches livrés par la RDC avec une passe décisive pour Trésor Mputu, Ghana-RDC (2-2), à Port Elisabeth.

Sur les six livrés par la sélection nationale aux éliminatoires de la CAN 2015, Makiadi n’a été titularisé que deux fois, au premier et au dernier matches. Sans broncher. Ni murmurer. Une qualité si rare de nos jours, dans le monde du foot professionnel et pour un joueur formé et évoluant dans l’un de plus grands championnats du monde. Il s’en remettait à la décision du coach Ibenge, comme il l’a fait auparavant avec tous les prédecesseurs du technicien congolais.

Makiadi a commencé la CAN dela Guinée Equatoriale sur le banc. Il n’a pas joué les deux premiers matches. Titularisé au 3ème match, il a explosé, en battant un travail de titan au milieu congolais. Il a accompagné de son expérience le jeune Chancel Mbemba, par son sens de placement et sa bonne volonté sur le terrain. Ce qui a convaincu le coach Ibenge de le titulariser lors du derby Congo-RDC (2-4). Il l’a bien rendu au coach en délivrant une passe décisive, avec plein de calme, pour l’égalisation de Jeremy Bokila (La RDC était alors menée 2-1).

Que peut-on encore demander à ce joueur ? De maintenir cette prestation pour les Léopards dans la mesure de ses capacités sur le terrain et surtout de prendre du plaisir avec les Léopards jusqu’au bout.